Meriem B 

Le Centre hospitalo-universitaire d’Oran (CHUO) et l’Université des sciences et de la technologie Mohamed-Boudiaf (USTO-MB) ont franchi, ce lundi, un cap décisif dans leur coopération en paraphant une convention-cadre de partenariat destinée à renforcer les passerelles entre formation académique, pratique hospitalière et innovation technologique. La cérémonie, organisée à l’amphithéâtre pédagogique Mohamed-Gharbi du CHUO, a réuni les responsables des deux institutions ainsi que des cadres universitaires et hospitaliers.

D’emblée, le recteur de l’USTO-MB, le professeur Ahmed Hamou, a donné le ton en soulignant la portée stratégique de cet accord. « Nous sommes réunis aujourd’hui pour concrétiser un rapprochement entre deux institutions majeures », a-t-il déclaré, évoquant « une alliance entre le savoir technologique et l’expertise médicale ». Pour lui, cette convention vise avant tout à « améliorer la prise en charge du patient algérien » tout en jetant les bases d’une « indépendance technologique durable ».

Former autrement, former ensemble

Au cœur de cet accord, la formation apparaît comme un levier central. Les deux institutions entendent élargir les opportunités de stages pratiques pour les étudiants et renforcer les dispositifs de formation continue au profit des enseignants, ingénieurs et personnels hospitaliers.

Intervenant au nom du directeur générale du CHU d’Oran, la Secrétaire Générale, Mme Fatima Zohra Dahmani a mis en avant « une étape qualitative visant à consolider la complémentarité entre les secteurs de l’Enseignement supérieur et de la Santé ». Elle a insisté sur la nécessité « d’offrir aux étudiants un environnement immersif au sein des structures hospitalières » et de « favoriser la montée en compétences des ressources humaines », tout en saluant « le travail rigoureux de la commission mixte ayant permis l’aboutissement de cette convention ».

Dans la même dynamique, le professeur Nazim Korti, directeur des activités médicales et paramédicales au CHUO, a rappelé que cette convention est « le fruit de plusieurs rencontres entre une commission mixte réunissant l’université et le CHU ». Il a détaillé un premier axe consacré à « la formation de l’ensemble des acteurs, qu’il s’agisse des étudiants, des travailleurs, des cadres ou des enseignants », traduisant ainsi une volonté de décloisonner les savoirs et de rapprocher les compétences.

Technologie et santé, un virage assumé

Au-delà de la formation, le partenariat s’inscrit résolument dans une logique de modernisation du système de santé à travers l’intégration des technologies de pointe. Le développement de projets conjoints en intelligence artificielle, en informatique médicale et en biologie figure parmi les priorités affichées.

Le professeur Nazim Korti a particulièrement insisté sur ce deuxième axe, axé sur « l’utilisation des nouvelles technologies, de l’intelligence artificielle et de l’automatisation pour développer le secteur de la santé en Algérie ». Il a également évoqué l’importance de maîtriser des domaines stratégiques tels que l’imagerie médicale, la radiothérapie ou encore les analyses biologiques, considérés comme des piliers de la médecine moderne.

Dans le même esprit, le professeur Redouane Tlemsani, vice-recteur chargé des relations extérieures de l’USTO-MB, a souligné que cette convention « couvre des domaines variés, allant de l’informatique à la biologie en passant par l’automatisation », et permettra « à l’ensemble des services hospitaliers et des facultés de collaborer étroitement ». Il a qualifié cet accord d’« événement important pour la famille universitaire et pour le système de santé de la wilaya d’Oran ».

Vers une souveraineté technologique nationale

Au-delà de ses dimensions académique et scientifique, la convention porte une ambition plus large : contribuer à l’émergence d’une souveraineté technologique nationale dans le domaine de la santé.

Le professeur Ahmed Hamou a ainsi évoqué la nécessité de « réduire la dépendance vis-à-vis de l’étranger » en misant sur « des solutions développées localement », notamment à travers la création de startups issues de l’université. Une orientation reprise par le professeur Nazim Korti, qui a mis en avant un troisième axe dédié « à la mise en œuvre des recommandations des ministères de l’Enseignement supérieur et de la Santé, notamment à travers la création de startups algériennes dans le domaine des technologies de la santé ».

Selon lui, cette dynamique permettra non seulement « de maîtriser les technologies de pointe », mais aussi « de générer des économies substantielles pour le système de santé », en réduisant les coûts liés à l’importation d’équipements médicaux.

Le professeur Redouane Tlemsani a, pour sa part, inscrit cette initiative dans une continuité, rappelant que d’autres partenariats ont récemment été engagés, tout en soulignant le caractère « global et structurant » de l’accord conclu avec le CHU d’Oran.

Au terme de la cérémonie, les intervenants ont unanimement salué une avancée majeure appelée à produire des effets concrets tant pour les étudiants que pour les professionnels de la santé et, in fine, pour les patients. En conjuguant leurs expertises, le CHU d’Oran et l’USTO-MB entendent ainsi faire de cette coopération un modèle de synergie au service du développement scientifique, technologique et sanitaire du pays.