Djamila M

Des spécialistes de la wilaya d’Oran ont plaidé pour une revalorisation profonde de la médecine générale, érigée en première ligne du système de santé. Selon eux, la modernisation de cette discipline passe nécessairement par la mise à niveau des compétences du médecin généraliste, mais aussi par l’instauration d’un cadre de formation spécialisé, adapté aux mutations sanitaires actuelles.

Ces recommandations ont été formulées à l’issue du deuxième Congrès national de l’Association des médecins généralistes et médecins de famille (AMGO 2026), organisé à Oran. La rencontre a débouché sur une série de propositions structurantes visant à améliorer la qualité de la prise en charge des patients et à renforcer l’efficacité du service public de santé.

Parmi les principales recommandations figure la création d’une spécialité universitaire autonome dédiée à la médecine générale et à la médecine de famille. Les participants ont insisté sur la nécessité d’un cursus clair, structuré et fondé sur l’expérience des praticiens de terrain. Une telle réforme permettrait, selon eux, de consacrer pleinement la reconnaissance académique de cette spécialité et de consolider son rôle central dans le parcours de soins.

Les intervenants ont également mis l’accent sur le renforcement des compétences des médecins généralistes en matière d’urgences vitales. L’amélioration du diagnostic précoce et la rapidité d’intervention ont été présentées comme des enjeux majeurs, notamment dans les zones dépourvues de structures hospitalières spécialisées. L’adoption de protocoles simplifiés et le recours aux outils numériques figurent parmi les pistes avancées pour améliorer la réactivité des praticiens.

La prise en charge des maladies chroniques a également occupé une place importante dans les débats. Les spécialistes ont appelé à un suivi médical continu et personnalisé, indispensable face à la progression de ces pathologies. Le médecin généraliste est ainsi appelé à jouer un rôle central dans l’accompagnement des patients sur le long terme et dans le renforcement de l’observance thérapeutique.

Sur le plan de la santé publique, les recommandations portent également sur l’unification des pratiques médicales et la consolidation de la place de la médecine générale dans la formation médicale. Les participants ont également insisté sur l’importance du dépistage précoce des troubles psychiatriques et des maladies neurodégénératives, dont l’impact sanitaire et social est de plus en plus marqué.

Les experts ont par ailleurs recommandé le développement de programmes de dépistage ciblés, associés à une approche pluridisciplinaire intégrant la santé maternelle, la fertilité, les grossesses à haut risque et le vieillissement. L’objectif est de favoriser une prise en charge globale et coordonnée des patients.

Enfin, les participants ont appelé à l’intégration accrue des médecins généralistes dans la recherche clinique et au renforcement de l’éthique médicale comme fondement de la relation médecin-patient.

Le congrès, qui a réuni plus de 400 médecins issus de 44 wilayas, s’est conclu sur la volonté de poursuivre la dynamique engagée, avec l’annonce de la prochaine édition. Une orientation qui confirme la volonté de structurer davantage la médecine générale en Algérie et d’accompagner la modernisation du système de santé.