I. Yacine

La wilaya de Mascara engage des préparatifs anticipés en prévision de la campagne de moisson-battage 2026. L’objectif est de structurer l’ensemble du processus, depuis la récolte jusqu’au stockage, dans un contexte marqué par une attention accrue portée à l’organisation et à la fluidité des opérations. Une réunion de coordination tenue lundi dernier au siège de la wilaya a permis d’évaluer l’état de préparation des centres de collecte des céréales et les moyens mobilisés pour assurer le bon déroulement de la campagne. Les échanges ont porté sur les capacités de stockage disponibles, l’équipement des points de collecte ainsi que les ressources humaines et matérielles nécessaires pour accompagner les agriculteurs durant cette période. Ces préparatifs interviennent alors que certaines zones agricoles pourraient enregistrer une production en hausse, ce qui impose une anticipation plus rigoureuse afin d’éviter toute saturation des infrastructures d’accueil. La question de l’organisation en période de forte activité a occupé une place centrale. La gestion des flux, souvent plus intenses lors des pics de récolte, nécessite une coordination étroite entre les différents acteurs impliqués dans la chaîne, de la production au transport, jusqu’au stockage. Cette approche vise à garantir une collecte régulière des récoltes et leur orientation rapide vers les structures de conservation, sans interruption ni accumulation excessive. Parallèlement, l’accent a été mis sur l’accompagnement de terrain des exploitants agricoles. Des actions de sensibilisation sont prévues afin de limiter les risques de pertes, notamment ceux liés aux incendies, fréquents durant la saison estivale. Ces campagnes sont considérées comme un complément aux dispositifs techniques, en contribuant à une meilleure prévention et à la préservation des rendements. La disponibilité de l’énergie constitue également un point d’attention. Le fonctionnement continu des centres de stockage dépend de cet approvisionnement, tout comme les opérations de réception et de conservation des céréales. À cela s’ajoute la nécessité d’organiser le transport des récoltes dans des délais maîtrisés, afin de réduire les risques de détérioration ou de pertes après la coupe. Sur le plan des infrastructures, la wilaya enregistre un renforcement progressif de ses capacités de stockage. Des projets de réalisation de neuf centres de stockage de proximité ont été lancés dans plusieurs communes, notamment à Froha, Oued Taria, Aïn Fekane, Matemore, Aouf, Ghriss, Hachem, Mohammadia et El Gaâda. Ces structures sont destinées à accueillir les céréales et les légumes secs, avec une capacité globale estimée à 450 000 quintaux. À cela s’ajoute la construction d’un silo d’une capacité d’un million de quintaux à Mascara. L’ensemble de ces nouvelles installations représente une capacité additionnelle de 1 450 000 quintaux. Elles visent à rapprocher les points de stockage des zones de production, à réduire les distances de transport et à désengorger les structures existantes, particulièrement sollicitées lors des périodes de forte production. Cette répartition territoriale devrait également contribuer à fluidifier la collecte et à réduire les délais d’attente au niveau des centres de réception. Actuellement, la wilaya de Mascara dispose d’une capacité de stockage estimée à 610 000 quintaux. Cette capacité se répartit entre 105 000 quintaux pour les centres de proximité et 505 000 quintaux pour les silos en exploitation. Une fois les nouveaux projets achevés, ce potentiel atteindra 2 060 000 quintaux, dont 555 000 quintaux pour les centres de stockage et 1 505 000 quintaux pour les silos. Cette évolution traduit un renforcement notable des moyens logistiques et des conditions de conservation. Elle s’inscrit dans une démarche visant à adapter les infrastructures aux besoins du secteur agricole local, en tenant compte de l’évolution des volumes produits. L’amélioration des capacités de stockage constitue un levier pour assurer une meilleure gestion des récoltes et limiter les pertes liées aux contraintes techniques. Dans ce dispositif, la réussite de la campagne dépendra largement de la coordination opérationnelle sur le terrain. La rapidité de la collecte, la fluidité du transport et la disponibilité des structures d’accueil restent des facteurs déterminants. L’enjeu consiste à maintenir un équilibre entre le rythme de la production et les capacités de prise en charge, afin d’éviter les perturbations durant les phases les plus intenses de la campagne.