Après le démarrage de la campagne de récolte dans les wilayas du Sud, les régions du Nord s’apprêtent à lancer à leur tour les opérations de moisson-battage. La campagne moisson-battage s’annonce prometteuse dans le Nord, car les premières estimations font état de perspectives favorables pour la production céréalière, après plusieurs campagnes marquées par des conditions climatiques difficiles. Un résultat attendu tant par les agriculteurs que par les pouvoirs publics, pour lesquels la filière céréalière demeure un secteur stratégique.

Sur le terrain, les indicateurs sont encourageants. Le secrétaire général du Conseil national interprofessionnel de la filière des céréales (CNAFC), Abdelghani Benali, estime que la campagne moisson-battage en cours pourrait enregistrer des résultats particulièrement satisfaisants. Fort de son expérience au sein de la filière, il considère que les conditions observées cette année sont nettement plus favorables que celles enregistrées lors des précédentes campagnes. «Cette campagne s’annonce très bien. Peut-être qu’à certains endroits, on verra un petit manque de grains, mais globalement, c’est une année très exceptionnelle», indique-t-il.

Les premières observations effectuées dans les zones de production font état de niveaux de rendement encourageants, notamment pour l’orge, dont la récolte débute généralement avant celle du blé. Si certaines localités pourraient enregistrer des résultats légèrement inférieurs aux attentes, les professionnels du Secteur s’accordent sur des perspectives globalement positives. Dans les principales régions céréalières du pays, notamment Tiaret, Relizane, Sétif et Oum El Bouaghi, l’état des cultures est jugé satisfaisant, laissant entrevoir une campagne favorable.

La réussite de la campagne moisson-battage dépend également du dispositif logistique mis en place pour accompagner les opérations de récolte et de collecte. L’essentiel du parc de moissonneuses-batteuses a été mobilisé ces dernières semaines vers les wilayas du Sud, où les récoltes arrivent progressivement à leur terme. Ces équipements, appartenant à l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) et au groupe AgroDrive, seront progressivement transférés vers les régions du Nord afin de renforcer les capacités de récolte. «Je pense que la moisson va démarrer entre le 10 et le 15 juin. L’OAIC a tout mis en place», souligne Benali, ajoutant qu’il espère que les machines reviendront en bon état afin d’assurer le bon déroulement des opérations. Le défi consiste à garantir le transfert rapide du matériel tout en veillant à son bon fonctionnement après plusieurs semaines d’utilisation intensive. Le respect du calendrier de récolte demeure un facteur essentiel pour préserver les rendements attendus.

Renforcement du stockage

Parmi les éléments susceptibles d’améliorer le déroulement de la campagne figure également la mise en service progressive de nouveaux centres de collecte de proximité. Pendant plusieurs années, l’éloignement des infrastructures de stockage a constitué l’un des principaux obstacles auxquels étaient confrontés les producteurs céréaliers. Les longues distances à parcourir, les coûts de transport et les délais d’attente compliquaient les opérations de livraison. La réception de nouvelles infrastructures, combinée à la mise en place d’une prime de transport destinée aux agriculteurs, devrait contribuer à améliorer la fluidité de la collecte. «La prime de transport va permettre aux agriculteurs de louer des camions afin d’assurer une logistique plus efficace et plus rapide pour acheminer leur production vers les centres de proximité aujourd’hui réceptionnés en grande majorité», explique Benali. Cette organisation devrait permettre aux producteurs de réduire les délais et les coûts liés à la livraison de leur récolte.

Les enjeux de cette campagne dépassent le seul cadre agricole. La production céréalière constitue un élément central de la sécurité alimentaire nationale et un levier important pour la réduction des importations de blé. Le blé dur, le blé tendre et l’orge occupent une place essentielle dans l’alimentation nationale. L’amélioration de leur production contribue directement au renforcement de l’autosuffisance alimentaire et à la maîtrise de la facture d’importation. C’est dans cette perspective que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a fait du développement de la filière céréalière une priorité. Plusieurs programmes ont été engagés ces dernières années pour renforcer les capacités de production à travers l’irrigation, la mécanisation, l’amélioration des semences et l’accompagnement des agriculteurs.

De son côté, la production de pommes de terre de saison dans la wilaya de Mostaganem a dépassé les 2,5 millions de quintaux au titre de la campagne agricole 2025-2026, selon la direction des Services agricoles (DSA).

Selon le service de l’Organisation de la production et de l’Appui technique, le volume de production de pommes de terre a atteint 2.546.000 quintaux après la récolte de 8.489 hectares, sur une superficie totale emblavée de 9.574 hectares consacrée à cette culture durant la campagne en cours.

Amélioration des semences

La même source précise que le rendement moyen s’établit à 300 quintaux à l’hectare, à la faveur de l’achèvement des opérations de récolte sur près de 89 % des superficies cultivées, un niveau conforme aux prévisions établies en début de campagne. La production globale devrait atteindre 3.056.000 quintaux à l’issue de la récolte des superficies restantes, dont l’achèvement est prévu au cours du mois prochain. Ces estimations englobent également la production de pommes de terre de saison destinées à la production de semences, cultivées sur une superficie de 97 hectares. La récolte de cette filière devrait atteindre 24.400 quintaux, a ajouté la même source.

Cette production abondante a contribué à l’approvisionnement régulier des marchés nationaux et régionaux en quantités importantes de pommes de terre, notamment durant les périodes de forte demande. Elle a ainsi permis d’assurer la disponibilité de ce produit de large consommation et de maintenir les prix à des niveaux raisonnables. La wilaya de Mostaganem figure parmi les principaux bassins de production de pommes de terre du pays, avec une production annuelle avoisinant les 4 millions de quintaux. Elle est en mesure d’alimenter les marchés tout au long de l’année, particulièrement durant le deuxième trimestre (de mars à juin) grâce à la campagne de saison, ainsi que durant le quatrième trimestre (d’octobre à décembre) à travers la campagne des pommes de terre tardives, communément appelées « pommes de terre de fin de saison.»

Ainsi, la filière de la pomme de terre confirme, année après année, son rôle central dans l’agriculture nationale et l’approvisionnement du marché. Les données disponibles auprès des services agricoles indiquent que la production nationale de pomme de terre se maintient à des niveaux élevés, grâce à l’extension des superficies cultivées, à l’amélioration des techniques de production et à la maîtrise progressive des itinéraires techniques par les producteurs. Les volumes qui oscillent globalement entre 4 et 5 millions de tonnes par an.

D’après les estimations récentes issues de la FAO et des statistiques du ministère de l’agriculture la production nationale a atteint environ 4,6 millions de tonnes en 2024, confirmant la position de l’Algérie parmi les principaux producteurs de la région, derrière l’Égypte mais devant plusieurs pays africains et méditerranéens. C’est que la filière a connu une transformation profonde liée à l’extension des superficies cultivées, l’amélioration des techniques agricoles  (utilisation de semences sélectionnées, mécanisation des opérations culturales et encadrement technique), et le développement de nouveaux pôles de production dans le Sud et les Hauts Plateaux.