H. Nassira
Le parti Tajamou Amel El Djazaier (TAJ) s’apprête à refermer une vaste tournée nationale marquée par une forte présence sur le terrain. La présidente du parti, Fatma Zohra Zerouati, parcourt 26 wilayas dans le cadre de rencontres populaires destinées à mobiliser l’électorat et à présenter les grandes lignes du programme. Oran constitue la dernière étape de ce périple, avec un meeting prévu ce samedi 28 juin 2026, annoncé comme un rassemblement de grande ampleur.
Dans un contexte marqué par la concurrence entre formations politiques à l’approche du scrutin du 2 juillet, les partis multiplient les efforts de persuasion autour de leurs programmes. TAJ a choisi de placer sa campagne sous le slogan « Nous nous engageons avec vous », un message que la direction du parti présente comme un pacte de confiance avec les citoyens.
Une Algérie stable et des institutions fortes au cœur du programme
Au centre de la campagne, les candidats de TAJ à Oran défendent la vision d’une Algérie stable, reposant sur des institutions fortes et crédibles. Pour le parti, la stabilité politique ne peut être garantie qu’à travers des institutions légitimes, transparentes et bénéficiant de la confiance des citoyens.
TAJ affirme ainsi son engagement en faveur du renforcement de la séparation et de l’équilibre entre les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, ainsi que la poursuite de réformes constitutionnelles et juridiques. L’objectif affiché est de consolider la stabilité politique tout en maintenant une ouverture démocratique encadrée.
Le programme met également en avant la modernisation de la gestion publique à travers la numérisation et le développement des mécanismes de participation citoyenne, afin de réduire la bureaucratie et de rapprocher l’administration du citoyen.
Éducation, économie et modernisation du modèle de développement
Le parti plaide pour une Algérie tournée vers la modernité, avec un système éducatif en phase avec les évolutions économiques et technologiques. TAJ insiste sur la nécessité d’une réforme profonde de l’école et de l’université, en les connectant davantage aux besoins de l’économie contemporaine.
Cette transformation passe, selon le parti, par la valorisation des compétences de demain, notamment dans les domaines du numérique, de l’intelligence artificielle et des langues étrangères, tout en encourageant l’innovation et l’entrepreneuriat.
Sur le plan économique, TAJ défend une stratégie de diversification visant à réduire la dépendance aux hydrocarbures. Le programme met en avant le développement de l’agriculture intelligente, des énergies renouvelables et des industries de transformation, ainsi que la promotion de la recherche scientifique et son intégration dans le tissu économique.
Une diplomatie active et une ambition régionale affirmée
À l’échelle internationale, le parti appelle à une diplomatie plus dynamique, orientée vers la défense des intérêts nationaux et la contribution à la stabilité régionale. TAJ insiste sur le rôle que doit jouer l’Algérie dans la résolution des crises dans son environnement immédiat, notamment au Sahel, dans l’espace méditerranéen et en Afrique du Nord.
Le programme plaide également pour le renforcement des partenariats économiques avec l’Afrique, l’Asie et l’Europe, dans une logique de diversification des alliances. Le parti réaffirme par ailleurs son soutien aux causes qualifiées de justes, en particulier la question palestinienne et la question du Sahara occidental, qu’il inscrit dans la continuité des principes de la Révolution de Novembre. La diaspora est également présentée comme un acteur stratégique du développement national.
Mémoire nationale : vers une réforme de l’enseignement de l’histoire
Sur le volet de la mémoire, TAJ estime que la jeune génération souffre d’un éloignement progressif de l’histoire nationale, en raison de méthodes d’enseignement jugées trop traditionnelles. Le parti propose une réforme des programmes d’histoire afin de les rendre plus interactifs, documentés et fondés sur des sources authentiques.
Il est également question de lancer un projet national de modernisation des musées et de création d’un musée numérique de Novembre, accessible via une application, permettant aux citoyens de découvrir l’histoire de la guerre de libération depuis leurs téléphones.
Le parti propose en parallèle d’intégrer des sorties pédagogiques obligatoires vers les sites historiques et les musées dans les programmes scolaires, afin de renforcer le lien entre les jeunes et la mémoire nationale.
Lutte contre la corruption et réforme de la gouvernance
TAJ considère que la lutte contre la corruption et la bureaucratie ne peut se limiter à des mesures ponctuelles, mais doit s’inscrire dans une réforme globale des mécanismes de contrôle et de gouvernance. Le parti estime que ces phénomènes sont liés à des faiblesses structurelles dans les dispositifs de reddition des comptes.
La formation politique privilégie une approche préventive, combinée à une décentralisation accrue des décisions pour réduire les circuits administratifs centraux jugés propices aux dysfonctionnements.
Elle mise également sur la généralisation de la numérisation, considérée comme un outil de transparence et de traçabilité des transactions administratives, chaque opération numérique laissant une trace vérifiable.
Décentralisation et renforcement des collectivités locales
Dans cette logique, TAJ défend un renforcement du rôle des collectivités locales à travers une réforme du code des collectivités. Le parti propose de leur accorder de réelles compétences budgétaires et de développement, ainsi que la mise en place d’un mécanisme de financement direct des communes à partir des ressources fiscales locales.
Il s’agit également de permettre aux élus locaux, notamment les maires et les walis, de définir des priorités d’investissement adaptées aux réalités de terrain.
Le parti appelle en parallèle à la création d’une instance indépendante de contrôle des finances publiques, chargée de rendre compte directement au Parlement, tout en poursuivant le développement des dispositifs de prévention contre les crimes économiques et cybernétiques.
Vers une économie nationale diversifiée et planifiée
Enfin, TAJ affirme que la puissance d’un État au XXIe siècle repose sur sa capacité à construire une économie productive et indépendante. Le parti dresse un diagnostic selon lequel les hydrocarbures représentent environ 60 % des recettes budgétaires et 93 % des exportations, alors que leur contribution au PIB ne dépasse pas 20 %.
Dans sa vision prospective, le parti fixe des objectifs à l’horizon 2031, notamment une croissance hors hydrocarbures de 5,5 % par an, la création de 400 000 emplois annuels, l’augmentation des exportations hors pétrole de 4 à 15 milliards de dollars, et la hausse de la part des énergies renouvelables de 3 % à 27 %.
Il propose pour cela la création d’un ministère du plan stratégique chargé de coordonner les grandes orientations économiques, ainsi que l’obligation de publier des indicateurs de performance économique de manière trimestrielle, accompagnés d’analyses indépendantes.




