Meriem B 

L’intelligence artificielle appliquée à la santé franchit un nouveau cap à Oran. À l’Université Oran 1 Ahmed Ben Bella, la sixième édition des Écoles SACONET s’impose comme un rendez-vous scientifique où les innovations étudiantes quittent le cadre académique pour être évaluées face aux contraintes réelles du terrain médical. Ouvert ce dimanche 21 juin et s’étalant sur deux jours, l’événement confirme une dynamique de structuration de la santé numérique portée par la recherche universitaire.

Organisée à la bibliothèque Rabah Hamache de la faculté des sciences exactes et appliquées, au campus Mourad Taleb Salim (ex IGMO), cette édition se déroule sous le thème « De la promesse à la preuve : l’IA en santé à l’épreuve du terrain ». Elle réunit enseignants, chercheurs, professionnels de santé et étudiants autour de conférences, posters scientifiques et démonstrations de prototypes.

Une université face aux mutations technologiques

Dans son allocution d’ouverture, le recteur de l’Université Oran 1, Abdelmalek Amine, a souligné que les universités doivent désormais jouer un rôle moteur dans la transformation numérique. Selon lui, l’essor de l’intelligence artificielle, de l’apprentissage automatique et de l’analyse des données redéfinit profondément les systèmes de santé.

Il a insisté sur l’émergence de concepts structurants tels que la santé numérique, la médecine de précision ou encore l’aide intelligente à la décision médicale. Pour le recteur, ces évolutions imposent un renforcement de la recherche pluridisciplinaire entre informatique, sciences exactes et sciences de la santé afin de produire des solutions concrètes et opérationnelles.

Vers un rapprochement entre hôpital et université

En ouverture des travaux, le vice-recteur chargé des relations extérieures, le professeur Karim Bouamrane, également enseignant à la faculté des sciences exactes, a animé la première conférence consacrée aux enjeux de l’IA en santé.

Il a mis en avant les efforts des universités algériennes dans le développement d’applications innovantes, parfois déjà utilisées à l’échelle locale ou régionale. Il a surtout insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration entre professionnels de santé et informaticiens, afin de mieux répondre aux besoins des établissements hospitaliers.

Il a rappelé que la convention-cadre signée avec l’EHU 1er Novembre 1954 d’Oran constitue un levier essentiel pour encadrer les projets, notamment en matière de sécurité des données, de confidentialité et de coopération scientifique.

Des projets étudiants tournés vers l’impact

Le doyen de la faculté des sciences exactes et appliquées, le professeur Mohamed Hamdouche, a souligné que SACONET est devenu un espace privilégié où les projets étudiants évoluent progressivement vers des solutions de type start-up.

Il a mis en avant la dynamique de coopération avec l’EHU d’Oran, qui permet de rapprocher besoins médicaux et compétences en ingénierie informatique. Les projets présentés couvrent un large spectre : surveillance clinique intelligente, diagnostic assisté par imagerie, dispositifs connectés pour maladies chroniques, triage d’urgence ou encore applications de dépistage.

Une dynamique portée par les acteurs de terrain

Pour Fethi Nedhal Laatab, ancien étudiant et encadrant pédagogique, SACONET illustre la convergence entre santé, intelligence artificielle et numérisation. Il estime que les projets ne sont plus de simples exercices académiques mais des solutions susceptibles d’intégrer progressivement le système de santé national, notamment à travers les dispositifs de labellisation et de création de start-up.

Une ouverture progressive vers l’international

Avec cette sixième édition, SACONET confirme son rôle de plateforme nationale de référence pour l’innovation en e-santé. Les organisateurs ambitionnent désormais d’ouvrir l’événement à une dimension internationale afin de renforcer les échanges scientifiques et les partenariats.

En consolidant les passerelles entre formation, recherche et pratique médicale, cette rencontre s’impose comme un espace où l’intelligence artificielle n’est plus seulement une promesse technologique, mais un outil en cours d’évaluation concrète au service du système de santé.