Wassila. B
L’annonce, samedi à Alger, de la création d’un Comité de suivi de la situation des détenus politiques sahraouis par le Réseau des journalistes algériens solidaires avec le peuple sahraoui est un acte fort de solidarité active. Elle répond à l’urgence d’une situation, celle des membres du groupe Gdeim Izik, dont Naâma Asfari, qui croupissent dans les geôles marocaines depuis quinze ans dans des conditions inhumaines, en violation flagrante du droit international. Dans un communiqué lu par son président, Mustapha Aït Mouhoub, lors d’une conférence organisée au siège du Centre d’Information sahraoui à Alger, le Réseau a affirmé suivre avec «une vive inquiétude» l’évolution dangereuse de la situation concernant les conditions inhumaines subies par les prisonniers politiques sahraouis du groupe Gdeim Izik dans les prisons marocaines et les violations continues de leurs droits fondamentaux, en violation flagrante du droit humanitaire international et des conventions internationale liées aux droits de l’homme. Ce comité ne se limite pas à une simple déclaration : il incarne une détermination à briser le silence médiatique imposé par le régime colonisateur marocain sur le Sahara occidental occupé et à faire pression pour que la lumière soit faite sur les violations des droits fondamentaux que subissent ces prisonniers d’opinion.
La grève de la faim illimitée de Naâma Asfari, entamée le 8 juin pour exiger l’application des recommandations onusiennes, est le symbole poignant de ce combat pour la dignité. Le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire, dans son avis de 2023, a pourtant conclu au caractère illégal de sa détention et de celle des autres membres du groupe, appelant à leur libération immédiate. Le Comité des Nations unies contre la torture a également condamné le Maroc pour avoir obtenu des aveux sous la torture et pour les mauvais traitements infligés à ces prisonniers. En dépit de ces décisions claires, Rabat persiste dans son refus de les appliquer, démontrant une fois de plus sa mauvaise foi et son mépris pour ses obligations internationales, comme l’a souligné l’ambassadeur sahraoui à Alger.
Cette initiative des journalistes algériens est d’autant plus cruciale qu’elle vise à mobiliser la communauté internationale. En appelant les organisations de défense des droits de l’Homme, les instances médiatiques et la société civile à s’impliquer davantage, le Réseau entend transformer l’indignation en action concrète. Il s’agit de contraindre les autorités marocaines à respecter les résolutions onusiennes et à mettre fin à l’impunité dont elles jouissent. La libération de Naâma Asfari et de ses codétenus, pour des raisons humanitaires et juridiques, est une exigence de justice à laquelle le Maroc ne peut plus se soustraire.
En prenant cette initiative, les journalistes algériens ne font pas que défendre des droits bafoués ; ils réaffirment le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et à la justice. La création de ce comité est un pas de plus vers la fin de l’occupation marocaine et la reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique, conformément à la légalité internationale.

