Wassila. B
En l’espace d’une semaine à peine, la promesse présidentielle est devenue une réalité tangible. Le Haut conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger, approuvé le 21 juin par le président Abdelmadjid Tebboune, s’est réuni le 28 juin à Alger, réunissant des sommités mondiales comme les professeurs Elias Zerhouni et Belkacem Haba. Cette réactivité fulgurante n’est pas anodine : elle traduit la volonté ferme d’un État qui ne se contente plus de discours, mais qui agit avec une détermination rare pour transformer son potentiel humain en levier de développement. En choisissant le Pôle scientifique Abdelhafid Ihaddaden pour abriter cette rencontre constitutive, l’Algérie envoie un signal clair : la science n’est plus une affaire de second plan, elle devient le socle même de son ambition nationale.
Réunir 31 cerveaux parmi les plus éminents de la diaspora, venus d’Australie, des États-Unis, de Suède ou de France, et leur offrir une plateforme d’action concrète, voilà qui dépasse le simple geste symbolique. Ces hommes et ces femmes, qui ont brillé sur la scène internationale, ne sont pas de simples invités d’honneur ; ils sont désormais des acteurs à part entière du renouveau algérien. Le ministre Kamel Baddari a eu raison de qualifier cette réunion de « pierre angulaire d’une phase fondatrice décisive ». Car il ne s’agit pas ici d’un énième comité consultatif, mais d’un pont vivant entre les savoirs de pointe acquis à l’étranger et les besoins urgents du système scientifique et économique national.
En prenant personnellement l’initiative de ce conseil, le président Tebboune honore une promesse essentielle : celle de ne plus laisser les compétences algériennes s’exiler sans retour, mais de les inviter à co-construire l’avenir du pays. Son appel, lancé lors du Conseil des ministres, résonne comme une reconnaissance officielle et solennelle de la fierté que la nation éprouve pour ses fils et filles disséminés aux quatre coins du monde. En leur ouvrant grand les portes, en leur garantissant une liberté d’action et de contribution, le chef de l’État ne se contente pas d’un geste d’ouverture : il jette les bases d’une souveraineté intellectuelle et technologique, seul chemin crédible pour hisser l’Algérie au rang des nations avancées.
Ce conseil n’est pas une fin en soi, mais un formidable accélérateur. En instaurant un système de veille scientifique et en tissant des liens durables entre les universités du pays et leurs homologues étrangères, l’Algérie se dote d’un outil de prospective unique. Comme l’a si bien souligné le professeur Elias Zerhouni, c’est un « moment historique » qui redessine le lien entre la diaspora et la mère patrie. Plus qu’une réunion constitutive, c’est l’acte de naissance d’une Algérie qui assume son génie collectif, qui refuse la fuite des cerveaux et qui transforme son exil en atout. Dans un monde où la connaissance est la première des richesses, l’Algérie vient de poser un jalon décisif sur la route de son émancipation.

