Wassila. B
Le 28 juillet 2026 restera une date mémorable dans les annales de l’Algérie indépendante. L’élection de Mme Khalida Boufedech à la présidence de l’Assemblée populaire nationale marque un tournant décisif dans l’histoire politique du pays. Pour la première fois depuis 1962, une femme accède à la plus haute fonction parlementaire, brisant un « plafond de verre » qui avait résisté à neuf législatures successives. En recevant les félicitations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, et en recueillant une majorité écrasante de 302 voix, Mme Boufedech incarne l’aboutissement d’un long combat pour la reconnaissance des compétences féminines au sommet de l’État. Ce n’est pas un symbole politique ordinaire. Derrière cette élection se profile le parcours d’une femme de terrain, médecin allergologue, cheffe de service à la Direction de la santé d’Alger, et militante politique ayant gravi les échelons des assemblées locales jusqu’à la représentation nationale. Mme Boufedech personnifie la double compétence (scientifique et politique) qui fait désormais la fierté des institutions algériennes. Elle occupe le troisième rang protocolaire de l’État, aux côtés de la présidente de la Cour constitutionnelle, Mme Leïla Aslaoui, offrant à l’Algérie un visage résolument moderne et inclusif. À l’échelle africaine et internationale, cette accession envoie un message retentissant. Le président du Parlement arabe n’a pas manqué de souligner que cette élection « confirme le rôle croissant de la femme arabe dans la vie politique et parlementaire » et constitue « un accomplissement national » . Pour le continent africain, l’Algérie pose un jalon supplémentaire dans la marche vers l’égalité des genres, en démontrant que la méritocratie peut triompher des traditions les plus ancrées. Alors que seulement 5,6 % des sièges de la nouvelle Assemblée sont occupés par des femmes, l’élection de Mme Boufedech apparaît comme un correctif essentiel, une promesse de rééquilibrage pour les prochaines décennies. Au-delà du symbole, c’est un défi de taille qui attend la nouvelle présidente. En recevant les « hautes orientations » du président de la République, elle a pris l’engagement de « concrétiser les aspirations du peuple algérien » et de renforcer la complémentarité entre les institutions. L’histoire retiendra qu’à l’aube de la dixième législature, l’Algérie a choisi de confier ses destinées parlementaires à une femme compétente, déterminée et proche des citoyens. Ce faisant, elle se hisse au rang des nations progressistes, offrant à l’Afrique un modèle d’émancipation politique qui force le respect et l’admiration du monde entier.




