Une amitié algéro-malienne forgée dans l’histoire

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Wassila. B

Les déclarations du Premier ministre malien, le Général de division Abdoulaye Maïga, résonnent comme un gage de maturité diplomatique et de fraternité agissante entre l’Algérie et le Mali. En soulignant une « convergence totale de vues » entre le Président de la Transition malienne, le Général d’armée Assimi Goïta, et le Président Abdelmadjid Tebboune, Bamako offre à Alger une reconnaissance méritée de son rôle de partenaire fiable et respectueux. Cette convergence, fondée sur les principes intangibles de souveraineté des États n’est pas un simple consensus de circonstance : elle incarne une vision commune de l’avenir du Sahel, loin des diktats d’acteurs extérieurs.

Il est vrai que des divergences ponctuelles ont émaillé les relations bilatérales ces derniers mois, comme l’a honnêtement reconnu M. Maïga. Mais l’essentiel est ailleurs : ces désaccords, désormais dépassés, ont été surmontés grâce à un dialogue continu et à une volonté politique affirmée des deux côtés. L’Algérie, fidèle à sa doctrine diplomatique historique, n’a jamais cessé de privilégier la médiation et le respect des choix souverains de ses voisins. Que le chef du gouvernement malien tienne à écarter publiquement toute ambiguïté sur ce point est un signal fort adressé à la communauté internationale, prouvant que les relations algéro-maliennes ne se résument pas à des aléas conjoncturels, mais s’inscrivent dans une profondeur stratégique et humaine.

Cette profondeur, justement, puise ses racines dans des liens historiques, culturels et humains que rien ne saurait altérer. Le rappel émouvant de M. Maïga concernant la formation de plusieurs cadres maliens  et de lui-même à l’École nationale d’administration d’Alger témoigne de ce socle commun forgé par des décennies de coopération fraternelle. Ces élites partagent non seulement des compétences administratives, mais aussi une certaine conception de l’État et du service public, héritée d’une histoire partagée et d’un destin régional inextricablement lié. C’est sur cette base vivante, faite de passages et d’échanges, que se construit aujourd’hui une coopération renouvelée, tournée vers les défis concrets du présent.

Enfin, la volonté réaffirmée par les deux pays de bâtir « une région pacifiée, sécurisée et débarrassée du terrorisme, du néocolonialisme » est un programme ambitieux qui dépasse le cadre bilatéral. Elle dessine les contours d’un Sahel souverain, maître de son destin et uni face aux périls communs. Comme l’a si justement conclu le Premier ministre malien, les relations entre le Mali et l’Algérie, même traversées par d’inévitables divergences diplomatiques, demeurent ancrées dans le dialogue, le respect mutuel et la défense des intérêts supérieurs des deux États. Une telle constance mérite d’être saluée, car elle offre à la région un exemple précieux de bon voisinage et de solidarité active.