Habib Benaouda 

Près de 30 000 familles y ont été relogées, tandis que les infrastructures éducatives peinent encore à suivre l’expansion démographique. Sur les 20 nouveaux établissements attendus à Oran, six sont destinés à ce vaste pôle urbain, dont quatre devraient ouvrir dès septembre.

Le pôle urbain Ahmed Zabana, à Misserghine, s’apprête à vivre une rentrée scolaire sous haute pression. Après plusieurs années marquées par une forte surcharge des établissements, conséquence directe de l’afflux massif de familles relogées dans cette nouvelle zone résidentielle, les autorités misent sur un renforcement substantiel du réseau éducatif pour tenter de rétablir l’équilibre.

Sur les 20 établissements scolaires dont la mise en service est annoncée dans la wilaya d’Oran à l’occasion de la prochaine rentrée, six sont destinés au pôle Ahmed Zabana. Une part significative qui traduit l’ampleur des besoins générés par la croissance rapide de ce nouveau bassin de population.

Six nouveaux établissements pour absorber la pression

Selon les données communiquées par le secteur de l’Éducation, quatre établissements seront opérationnels dès la rentrée de septembre à Ahmed Zabana : un collège, un groupe scolaire et deux lycées. Deux autres collèges devraient être réceptionnés au cours du mois d’octobre.

Ces nouvelles infrastructures doivent permettre d’augmenter sensiblement les capacités d’accueil et de desserrer l’étau autour des établissements existants, particulièrement sollicités depuis plusieurs années.

Le déficit d’équipements scolaires constitue en effet l’une des principales difficultés auxquelles est confronté ce pôle urbain en pleine expansion. L’ampleur des opérations de relogement y a profondément modifié la donne démographique, sans que les équipements publics, notamment scolaires, aient toujours pu suivre au même rythme.

Près de 30 000 familles relogées

Au fil des différentes opérations de relogement, près de 30 000 familles ont rejoint le pôle Ahmed Zabana. Une croissance démographique particulièrement soutenue qui s’est rapidement traduite par une hausse des effectifs scolaires.

Face à cette situation, le secteur de l’Éducation a dû recourir à des annexes scolaires et à diverses solutions provisoires afin d’absorber une partie de la demande. Ces dispositifs n’ont toutefois pas suffi à contenir durablement la pression, alors que le nombre d’élèves continuait de progresser.

L’enjeu dépasse désormais la simple création de places pédagogiques. Il s’agit de réduire durablement la surcharge des classes, d’améliorer les conditions de scolarisation et de limiter le recours à la double vacation, qui avait notamment été imposée dans plusieurs zones ayant connu d’importantes opérations de relogement.

Un chantier suivi de près

Pour éviter de nouveaux retards, les projets éducatifs font l’objet d’un suivi de terrain destiné à accélérer les travaux encore en cours et à garantir la livraison des établissements dans les délais annoncés.

La mise à niveau ne concerne d’ailleurs pas uniquement les bâtiments scolaires. L’aménagement de leurs abords, le revêtement des voies d’accès et le nettoyage des espaces environnants sont également pris en charge afin que les nouvelles structures puissent accueillir les élèves dans des conditions satisfaisantes dès leur ouverture.

Un équilibre à préserver entre logements et équipements

Si le programme annoncé constitue une avancée importante, il ne règle pas pour autant la question de fond : celle de l’accompagnement des nouveaux programmes de logements par des équipements publics réalisés au même rythme.

Car le pôle Ahmed Zabana continue de se développer et d’accueillir de nouvelles familles. La pression sur les infrastructures scolaires pourrait donc se maintenir, voire se renforcer, malgré les nouvelles capacités annoncées.

À l’échelle de la wilaya, plus de 450 000 élèves sont attendus dans les établissements scolaires au titre de la prochaine rentrée. Un effectif qui donne la mesure des besoins et impose une planification plus étroitement articulée entre l’urbanisation, le logement et les équipements collectifs.

Pour Ahmed Zabana, la rentrée 2026-2027 constituera ainsi un premier véritable test. Les nouvelles infrastructures permettront-elles de réduire sensiblement la surcharge ? La réponse sera scrutée de près par les familles, qui attendent désormais que l’essor de leur pôle résidentiel s’accompagne d’équipements scolaires à la hauteur de sa croissance.

L’objectif est clair : ne plus construire des logements avant de chercher, dans un second temps, les écoles capables d’accueillir leurs enfants.