L’Algérie anticipe son futur énergétique

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Wassila. B

Ces dernières semaines, le ministère des Hydrocarbures a donné un rythme soutenu à sa diplomatie énergétique, multipliant les rencontres de haut niveau avec des acteurs aussi divers que la Bosnie-Herzégovine, Siemens Energy, le Niger ou la République de Corée. Cette effervescence n’est pas le fruit du hasard : elle dessine une stratégie cohérente, qui vise à faire de l’Algérie un hub énergétique incontournable, non seulement pour ses ressources fossiles, mais aussi pour les technologies et les partenariats industriels de demain. Des discussions sur le GNL et le GPL avec Sarajevo aux échanges sur le raffinage et la pétrochimie avec Niamey, en passant par les perspectives de dessalement et d’exportation de naphta avec Séoul, chaque entretien élargit le spectre d’une coopération qui ne se limite plus à la simple commercialisation des hydrocarbures.

Cette ouverture multidimensionnelle se double d’une ambition affichée : préparer la transition du secteur vers les énergies bas carbone. La rencontre avec Siemens Energy, le 23 juin, a ainsi mis en lumière des chantiers d’avenir comme l’hydrogène bas carbone, l’ammoniac vert, la décarbonation et la numérisation des infrastructures. Ces sujets, autrefois périphériques, deviennent désormais centraux dans les échanges avec les grands fournisseurs de technologie. En insistant sur le transfert de compétences et la réduction des émissions de méthane, le département de Mohamed Arkab anticipe les exigences réglementaires européennes et asiatiques, tout en valorisant le potentiel de Sonatrach dans l’économie circulaire, notamment via la production de formaldéhyde à partir de méthanol.

Sur le continent africain, cette diplomatie prend une couleur solidaire et pragmatique. L’accueil d’une délégation nigérienne en juin, axé sur le forage, la maintenance et les produits pétroliers avec le concours de Naftal, illustre la volonté d’exporter un savoir-faire national tout en renforçant les liens régionaux. En proposant l’expertise de l’Institut algérien du pétrole (IAP) et des centres de formation de Sonatrach, l’Algérie ne se pose pas en donneur de leçons, mais en partenaire de long terme, capable d’accompagner ses voisins dans la maîtrise de toute la chaîne de valeur. Cette approche gagnant-gagnant, déjà éprouvée avec d’autres pays africains, renforce le leadership naturel de l’Algérie dans un espace où la sécurité énergétique et le développement industriel sont des enjeux partagés.

Au cœur de cette dynamique, Sonatrach incarne bien plus qu’un opérateur national : elle est le levier industriel et technologique qui donne sa crédibilité à cette politique. Ses capacités dans l’exploration, la transformation et la pétrochimie, couplées à une ouverture vers les partenariats technologiques et la formation, lui permettent de dialoguer d’égal à égal avec les grandes firmes mondiales tout en répondant aux besoins des pays émergents. En consolidant ses positions dans les hydrocarbures tout en investissant résolument les filières de demain (hydrogène, ammoniac vert, dessalement, numérisation) l’Algérie construit doucement et sûrement un modèle énergétique durable, intégré et souverain, qui fait d’elle un acteur incontournable de la scène énergétique mondiale.