
Wassila. B
La nouvelle instruction de la Banque d’Algérie constitue un signal particulièrement positif pour les opérateurs algériens engagés dans la conquête des marchés extérieurs. En permettant aux banques agréées de financer, en dinars et à court terme, les besoins de trésorerie directement liés aux opérations d’exportation, le dispositif répond à l’une des principales contraintes auxquelles sont confrontées les entreprises exportatrices : le financement du cycle de production et de préparation avant l’encaissement des recettes à l’étranger. Cette mesure traduit surtout une évolution bienvenue de l’environnement financier de l’export, où la fluidité du crédit devient un véritable levier de compétitivité.
L’intérêt de cette réforme réside également dans son caractère concret. L’acquisition de marchandises, l’approvisionnement en matières premières, la fabrication, le conditionnement et les dépenses engagées jusqu’à l’expédition pourront désormais être accompagnés par un financement bancaire adapté à la réalité des opérations. Le délai d’instruction fixé à sept jours maximum à compter de la réception d’un dossier complet constitue, à cet égard, une avancée importante. Dans le commerce international, où les délais peuvent déterminer la conclusion ou la perte d’un marché, la rapidité de la réponse bancaire est loin d’être un détail administratif : elle peut devenir un facteur décisif de compétitivité pour l’entreprise algérienne.
Cette initiative mérite d’être saluée plus largement comme une nouvelle étape dans la politique de soutien aux exportations. L’accompagnement financier ne peut certes pas, à lui seul, résoudre toutes les difficultés rencontrées par les exportateurs, mais il contribue à lever un obstacle majeur au développement des ventes à l’international. La possibilité d’adosser le financement à des opérations documentées (contrat d’exportation, commande, lettre de crédit, documents de transport et garanties) offre en outre un cadre qui concilie soutien aux entreprises et maîtrise du risque bancaire. La réussite du dispositif dépendra désormais de son application effective sur le terrain, de la célérité des banques et de leur capacité à apprécier les besoins des exportateurs avec pragmatisme.
Au-delà de cette instruction, c’est donc une culture durable de l’exportation qu’il faut continuer à construire. L’Algérie dispose d’un potentiel important de producteurs et d’entreprises capables de se positionner sur les marchés internationaux, mais leur développement exige un écosystème financier, administratif et logistique à la hauteur de leurs ambitions. En donnant aux exportateurs un accès mieux adapté au financement de leur cycle d’activité et en imposant un délai clair pour l’examen des demandes, la Banque d’Algérie adresse un message encourageant au secteur productif. Il appartient maintenant aux banques, aux administrations et aux entreprises de transformer cette avancée réglementaire en résultats concrets : davantage d’exportateurs, davantage de produits algériens sur les marchés mondiaux et, surtout, une diversification durable des recettes extérieures du pays.



