S. M

Dans la prise en charge d’un accident vasculaire cérébral (AVC), le temps n’est pas une simple donnée médicale : il conditionne largement la réponse thérapeutique. À Oran, la Direction de la santé et de la population veut justement agir sur ce facteur en travaillant à l’unification du parcours de soins entre les différents établissements de la wilaya. Une démarche qui vise à rendre la réponse médicale plus rapide, mais surtout plus cohérente, quel que soit le point d’entrée du patient dans le système de santé.

C’est autour de cet impératif que s’est réunie la commission opérationnelle chargée de la prise en charge des AVC, au siège de la DSP, sous la présidence de son directeur, Kaci Abdallah. Des spécialistes de la neurologie et des urgences, des responsables d’établissements hospitaliers ainsi que des représentants des conseils scientifiques ont pris part aux travaux.

L’ambition affichée est de sortir d’une logique où chaque structure intervient selon ses propres modalités pour tendre vers un fonctionnement davantage coordonné. Le projet de parcours unifié doit ainsi définir les différentes étapes auxquelles est soumis le patient, de son admission à son orientation, en passant par l’évaluation clinique, le diagnostic et la prise en charge spécialisée.

Un même protocole pour toute la chaîne de soins

Cette harmonisation doit également faciliter les échanges entre les structures. Dans les situations nécessitant l’intervention d’un service spécialisé, l’orientation du malade devra pouvoir s’effectuer selon des mécanismes clairement établis, avec une meilleure circulation de l’information entre les équipes concernées. L’enjeu est de réduire autant que possible les délais imputables aux hésitations, aux ruptures de communication ou à l’absence de procédures communes.

La démarche ne repose toutefois pas uniquement sur l’organisation. La commission a également placé la formation continue au centre de ses priorités. Médecins et personnels paramédicaux sont appelés à renforcer régulièrement leurs connaissances afin de mieux reconnaître les signes d’alerte et d’adopter des réflexes communs face aux suspicions d’AVC. L’objectif est de consolider, en amont des services spécialisés, une première réponse suffisamment rapide et structurée.

Le citoyen constitue lui aussi un maillon essentiel de cette chaîne. Un programme de sensibilisation doit être consacré aux principaux signes annonciateurs de l’AVC et à la nécessité de consulter sans délai. Car avant même l’intervention des équipes médicales, le temps perdu entre l’apparition des symptômes et le recours aux soins peut peser lourdement sur la suite de la prise en charge.

Le registre des AVC pour mieux orienter les décisions

Autre chantier examiné par la commission : le registre des AVC et l’étude épidémiologique des cas recensés dans la wilaya. L’exploitation de ces données devrait permettre de mieux appréhender le poids de la pathologie à l’échelle locale et d’affiner, à partir d’éléments concrets, les besoins en matière de soins, de formation et de prévention.

La prochaine étape consistera à soumettre le parcours de prise en charge à une validation institutionnelle, avant son déploiement dans les établissements concernés.

À travers ce dispositif, la DSP entend donc construire une véritable continuité des soins autour de l’AVC. Derrière la standardisation des procédures se joue, en définitive, une question essentielle : faire en sorte que le passage d’un service à l’autre ne constitue plus un temps d’attente, mais une étape maîtrisée d’un même parcours médical.