B.H

Plusieurs wilayas de l’ouest du pays ont récemment bénéficié de projets d’envergure visant à renforcer l’alimentation en eau potable, sécuriser les ressources hydriques et développer l’irrigation agricole. Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre du programme national de sécurisation hydrique, qui vise à diversifier les sources d’approvisionnement et à optimiser l’utilisation de la ressource dans tous les secteurs. Tour d’horizon des principales réalisations et programmes en cours dans les wilayas d’Aïn Temouchent, Tissemsilt, Tlemcen et Sidi Bel-Abbès.

2 milliards de dinars pour renforcer l’AEP à Aïn Temouchent

La daïra d’Aïn Larbâa, dans la wilaya d’Aïn Temouchent, a récemment été renforcée par un projet sectoriel d’envergure visant à consolider les capacités d’alimentation en eau potable au profit de plusieurs communes, a-t-on appris, jeudi 3 septembre 2026, auprès de la direction de l’Hydraulique de la wilaya. Le chef du service de l’alimentation en eau potable, M. Ahmed Sebaâ, a précisé que ce projet, doté d’une enveloppe financière globale de 2 milliards de dinars, a été réalisé en trois lots distincts, chacun répondant à des besoins spécifiques en matière de distribution et d’adduction d’eau. Le premier lot porte sur la réalisation d’une conduite d’adduction d’eau potable d’un diamètre de 400 millimètres, sur une distance de 10 kilomètres, reliant les communes d’Aïn Larbâa et Oued Sebbah. Cette infrastructure permettra d’acheminer l’eau depuis le système de la Tafna, alimenté par la station de dessalement de Chatt El Hilal. Le deuxième lot concerne le raccordement de la commune d’Oued Sebbah au village d’El Khedaida, à travers la réalisation d’une conduite d’une longueur de 9 kilomètres. Ce tronçon vise à étendre le réseau de distribution vers des zones jusqu’alors moins bien desservies, réduisant ainsi les inégalités territoriales en matière d’accès à l’eau potable. Le troisième lot prévoit, quant à lui, la réalisation d’une conduite d’adduction sur une distance de 5 kilomètres, depuis la station de pompage réalisée au village d’El Khedaida jusqu’à la commune de Tamazoura, complétant ainsi le maillage hydraulique de la région.

Ce projet permettra de renforcer l’approvisionnement des communes à partir du système de la Tafna, tout en diversifiant les sources par l’exploitation des eaux souterraines locales, en complément des eaux produites par la station de dessalement. Cette double stratégie garantit une plus grande résilience face aux aléas climatiques et aux éventuelles perturbations techniques. L’opération contribuera à un approvisionnement régulier et durable au profit des différentes agglomérations de la région.

Des avancées dans les projets hydrauliques à Tissemsilt

Dans la wilaya de Tissemsilt, les travaux de réalisation de deux réservoirs d’eau et d’une station de pompage, au niveau du pôle urbain « Chahid Souidani Boudjemâa », situé dans la commune de Tissemsilt, enregistrent un taux d’avancement appréciable, a indiqué, jeudi 3 septembre 2026, la cellule d’information et de communication de la wilaya. Ce pôle urbain, en pleine expansion, constitue un véritable chantier à ciel ouvert où se conjuguent efforts de logement et sécurisation des services essentiels. Le projet prévoit la construction de deux réservoirs d’une capacité respective de 2.000 et 3.000 mètres cubes, ainsi qu’une station de pompage dotée d’équipements techniques modernes, implantée dans la zone de Boumengouche. Il s’inscrit dans le cadre de la sécurisation de l’alimentation en eau potable du pôle urbain, lequel connaît actuellement la réalisation de centaines de logements selon différentes formules, dont une partie importante est en voie d’achèvement. L’objectif est d’anticiper les besoins futurs en eau de cette nouvelle population. Une fois mis en service, ce projet permettra de stocker, pomper et distribuer efficacement l’eau au profit des familles prochainement relogées, contribuant ainsi à des conditions de vie décentes et évitant tout retard dans l’occupation des nouveaux immeubles. Par ailleurs, le secteur des ressources en eau dans la wilaya connaît la réalisation de deux autres réservoirs supplémentaires : le premier dans la commune de Khemisti (5.000 m³), et le second dans la commune de Boukaïd (3.000 m³). Ces projets comprennent également la réalisation de six forages profonds répartis dans plusieurs communes, qui viendront renforcer le dispositif hydraulique. La wilaya de Tissemsilt dépend à près de 90 % des eaux de surface pour son approvisionnement, provenant des barrages de Koudiet Rosfa et de Derder. Le reste est couvert par les eaux souterraines, ce qui rend d’autant plus stratégiques les projets en cours pour réduire cette forte dépendance.

De nouveaux apports d’eau pour l’irrigation agricole à Tlemcen 

La wilaya de Tlemcen a bénéficié, durant les mois de juillet et août derniers, de deux dotations supplémentaires en eau destinées à renforcer les opérations d’irrigation agricole, a-t-on appris, jeudi 3 septembre 2026, auprès du service de l’irrigation agricole de la Direction de l’hydraulique de la wilaya. Ces dotations, qui interviennent en pleine saison estivale, sont essentielles pour soutenir les cultures dans un contexte de forte chaleur. Elles ont été accordées par le ministère de tutelle afin de renforcer l’irrigation à travers plusieurs lâchers d’eau à partir des principaux barrages de la région, dans le cadre d’une gestion concertée des ressources hydriques. La première dotation, accordée en juillet, a porté sur 1 million de mètres cubes du barrage de Sekkak et 500.000 mètres cubes du barrage El Izdihar. Elle a bénéficié à 548 agriculteurs, dont certains exercent dans les périmètres irrigués et d’autres en dehors, dans les cultures d’agrumes, d’oliviers, de grenadiers et de légumes, permettant l’irrigation de 657 hectares. La deuxième dotation, en août, a consisté en 1,5 million de mètres cubes du barrage de Hammam Boughrara et 1 million de mètres cubes du barrage El Izdihar, irriguant 4.016 hectares au profit de 660 agriculteurs. Cette opération a permis de renforcer l’irrigation, notamment pour les agriculteurs exerçant hors des périmètres irrigués, souvent les plus vulnérables face aux aléas climatiques. La wilaya de Tlemcen dispose de trois périmètres d’irrigation structurants : Maghnia (4.500 ha), Hennaya (912 ha) et Tafna-Isser (6.490 ha, dont 1.714 ha dans la wilaya d’Aïn Temouchent), constituant un ensemble hydraulique d’importance régionale.

Des projets pour étendre les superficies irriguées à Sidi Bel-Abbès

La wilaya de Sidi Bel-Abbès poursuit, quant à elle, la réalisation de plusieurs projets d’envergure destinés à développer les superficies agricoles irriguées et à renforcer la sécurité hydrique, notamment à travers la valorisation des eaux épurées et la réhabilitation des infrastructures existantes, a indiqué, jeudi 3 septembre 2026, le directeur de l’Hydraulique, M. Djebbar Belmeriri.  L’exploitation des eaux traitées de la station d’épuration (STEP) de la ville de Sidi Bel-Abbès a déjà débuté. Quelque 1.500 mètres cubes d’eau sont pompés quotidiennement pour l’irrigation d’un périmètre agricole de 19 hectares, au profit de l’exploitation agricole Boumlik Abdelkader, située au quartier Sakhra. Un autre périmètre de 100 hectares a été aménagé grâce aux eaux épurées de la STEP de Ras El Ma, démontrant la viabilité de la réutilisation des eaux usées traitées. Un projet d’envergure est programmé pour irriguer 2.500 hectares à partir de la nouvelle STEP de la ville. Le programme prévoit également l’élargissement du recours aux eaux non conventionnelles produites par les STEP de Moulay Slissen et Telagh, pour irriguer 200 hectares supplémentaires. Une opération de réhabilitation de trois retenues collinaires à M’cid a été proposée pour augmenter les capacités de stockage. La superficie agricole totale irriguée atteint actuellement 17.700 hectares, plaçant cette wilaya parmi les bassins agricoles importants de l’ouest. L’irrigation repose sur 1.112 forages profonds (12.344 ha), 1.129 puits traditionnels (5.329 ha) et des sources naturelles (55 ha). Par ailleurs, 13 retenues collinaires, représentant une capacité de 2,6 millions de m³, renforcent la résilience du secteur agricole face aux aléas climatiques.

Ces différents projets, menés simultanément dans plusieurs wilayas, illustrent la mobilisation constante des autorités pour diversifier les ressources hydriques, optimiser leur utilisation et répondre aux besoins croissants en eau potable comme en irrigation. La multiplicité des approches – dessalement, eaux souterraines, eaux de surface, réutilisation des eaux épurées – témoigne de la volonté de construire un modèle hydrique résilient et adapté aux défis climatiques et démographiques du pays. Cette stratégie multidimensionnelle, qui combine infrastructures lourdes et solutions alternatives, constitue une réponse ambitieuse aux enjeux de l’eau en Algérie.