
Wassila. B
En recevant les membres du Haut conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, vient de poser un acte hautement symbolique et stratégique. En déclarant que « le niveau de développement actuel en Algérie appelle la contribution de ses scientifiques, où qu’ils se trouvent », le chef de l’État exprime une conviction profonde : l’Algérie ne saurait se construire sans mobiliser l’ensemble de ses talents, y compris ceux qui ont choisi d’exercer à l’étranger. Cette rencontre n’est pas un simple geste protocolaire, mais l’illustration d’une vision lucide et inclusive du développement national. En tendant la main à cette élite de l’élite, le président Tebboune démontre que la grandeur d’une nation se mesure aussi à sa capacité à rassembler tous ses enfants, où qu’ils soient. Cette ouverture témoigne d’une maturité politique qui honore la fonction présidentielle et grandit l’Algérie sur la scène internationale.
Le président Tebboune ne s’y trompe pas : dans un pays où les moins de 40 ans représentent plus de 70 % de la population, la jeunesse constitue à la fois le principal défi et la plus grande opportunité. En affirmant que « le pays se développe grâce à ses enfants et à ses diplômés universitaires », il rappelle que l’investissement dans le capital humain est la clé de voûte de toute ambition nationale. Sa décision de réunir les compétences scientifiques algériennes disséminées à travers le monde témoigne d’une intelligence politique rare : transformer une diaspora souvent perçue comme une perte en une force vive au service de la nation.
La réponse du Pr Elias Zerhouni, coordonnateur du Conseil, est éloquente : les réactions « très positives » et les nombreuses demandes d’adhésion venant d’experts, de scientifiques et d’ingénieurs à travers le monde prouvent que cette initiative répond à une attente profonde. Comme l’a si bien formulé le Pr Zerhouni : « On vit à l’étranger, mais nous ne sommes pas étrangers. Nous sommes Algériens avant tout. » Cette affirmation résume à elle seule l’esprit qui anime cette dynamique : celui d’une appartenance nationale qui transcende les frontières et les parcours individuels. En misant sur une approche fondée sur la coopération, la responsabilité et les priorités nationales, le Conseil se dote d’une feuille de route réaliste et ambitieuse.
Ce que le président Tebboune est en train de semer, comme il l’a lui-même souligné, « va tenir au moins une vingtaine ou une trentaine d’années ». Cette vision à long terme, loin des calculs électoralistes et des solutions éphémères, mérite d’être saluée. En associant les compétences nationales de l’intérieur et de l’extérieur, en refusant l’isolement et en plaçant les priorités du pays au cœur de l’action, le chef de l’État trace une voie nouvelle pour un développement endogène, fondé sur le savoir et l’excellence. L’Algérie, terre de jeunesse et de talents, mérite cette ambition. Et c’est précisément cette ambition que le président Tebboune incarne aujourd’hui avec détermination et clairvoyance.

