
Wassila. B
Le rapport du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, met en lumière plusieurs éléments qui confortent la position du Front Polisario. Ils témoignent de la persistance de ses arguments et des moyens d’action dont il dispose sur les plans politique, juridique et diplomatique. Le Sahara occidental ne peut connaître une paix juste et durable si l’avenir de son peuple est décidé sans lui. L’autodétermination n’est pas un simple slogan ni une formule diplomatique que l’on pourrait écarter au gré des négociations : elle doit être le principe directeur de tout règlement. C’est pourquoi la recherche d’une solution politique mutuellement acceptable doit s’accompagner d’une garantie claire : les Sahraouis doivent pouvoir exprimer librement leur volonté et choisir leur avenir.
Cette exigence distingue une véritable négociation d’une approbation anticipée d’une solution déjà arrêtée. La proposition marocaine utopique d’autonomie peut être examinée dans le cadre des discussions, mais elle ne saurait devenir leur conclusion obligatoire avant même que le peuple concerné ait pu se prononcer. De même, le Front Polisario a le droit de défendre sa propre proposition et participer aux pourparlers sans que sa présence soit interprétée comme une acceptation préalable de leur issue. Négocier, c’est rechercher un accord ; ce n’est pas renoncer à son droit de choisir.
Une consultation ne serait toutefois significative que si elle était libre, informée et organisée dans des conditions crédibles. Les libertés d’expression, d’association et de réunion, ainsi que la possibilité pour les Sahraouis de défendre leurs opinions sans intimidation, sont indispensables à tout processus légitime. Les préoccupations rapportées au sujet des droits humains et les obstacles rencontrés par des observateurs internationaux rendent d’autant plus nécessaire une surveillance indépendante, impartiale et suivie. Sans accès au territoire ni capacité de vérifier les faits, la confiance dans le processus politique demeure fragile.
Le rôle des Nations unies et de la MINURSO reste donc essentiel : maintenir un cadre de dialogue, observer l’évolution de la situation et contribuer à prévenir une nouvelle escalade. Leur présence n’a pas vocation à imposer une issue, mais à créer les conditions d’un règlement pacifique et accepté. La stabilité ne peut être obtenue durablement en demandant à une population de renoncer à sa voix ; elle se construit lorsque toutes les parties négocient de bonne foi et que le peuple sahraoui peut choisir librement son destin. C’est à cette condition que tout accord pourra être reconnu comme juste, légitime et durable.
Le droit à l’autodétermination exige davantage qu’une simple consultation de forme : le peuple sahraoui doit disposer d’informations accessibles, pouvoir débattre librement des différentes options et exprimer son choix sans pression. Des garanties internationales, un accès indépendant au territoire et un mécanisme transparent de consultation contribueraient à rendre ce choix crédible aux yeux de tous.

