Habib Benaouda 

À vingt-quatre heures du coup d’envoi de la campagne électorale pour les élections locales du 28 novembreprochain, les états-majors politiques à Oran accélèrent les préparatifs et mettent leurs appareils en ordre de marche. Dans les différentes formations, la mobilisation des militants et des cadres s’intensifie à la veille d’une compétition dont l’issue s’annonce incertaine. 

Entre volonté de préserver les positions acquises, ambition de reconquérir les bastions perdus et quête de nouveaux espaces de représentation au sein des assemblées populaires communales (APC) et de l’Assemblée populaire de wilaya (APW), les partis abordent ce rendez-vous avec des stratégies et des objectifs sensiblement différents.

Le Front de libération nationale (FLN) semble, pour sa part, vouloir renouer avec ses fondamentaux organisationnels en faisant appel à ses anciens cadres et à ses figures militantes. La formation mise sur ce retour à l’expérience pour remobiliser ses structures locales, consolider ses rangs et aborder le scrutin avec un dispositif mieux préparé. L’enjeu consiste à conjuguer le savoir-faire de responsables ayant une expérience du terrain et de la gestion des collectivités avec l’apport de nouvelles compétences. Le parti entend ainsi défendre ses chances dans les communes, peser davantage dans la future APW et, surtout, reconquérir la confiance des électeurs dans les localités où il ambitionne de retrouver son influence.

De son côté, le Mouvement de la société pour la paix (MSP), communément appelé « Hamas », aborde ces élections avec l’intention de prolonger la dynamique engrangée lors des législatives de juillet dernier. Arrivé en tête à Oran en nombre de voix et de sièges obtenus, le parti dispose d’un capital électoral qu’il compte faire fructifier à l’occasion des locales. Ses structures militantes sont ainsi mobilisées pour élargir les contacts avec les citoyens et transformer cette percée électorale en une présence plus consistante au sein des assemblées élues. Pour le MSP, il s’agit de confirmer que les résultats des législatives ne constituaient pas une simple performance conjoncturelle, mais traduisaient un véritable ancrage politique et organisationnel.

Pour le Rassemblement national démocratique (RND), la bataille électorale revêt une dimension particulière. Après plus de vingt ans d’éloignement des positions d’influence auxquelles il aspirait sur la scène locale, le parti affiche désormais une ambition clairement tournée vers la reconquête. La relance de ses structures de proximité, la remobilisation de ses militants et la valorisation de l’expérience de ses cadres constituent les principaux leviers sur lesquels il compte s’appuyer. L’objectif est de mettre un terme à son recul électoral et de retrouver une place au sein des institutions élues. Ce scrutin s’apparente ainsi à un véritable test pour une formation appelée à démontrer sa capacité à renouveler son discours et à renouer avec un électorat qui s’est progressivement détourné d’elle.

De son côté, le Rassemblement de l’espoir de l’Algérie (TAJ) entend profiter de cette échéance pour consolider son implantation politique et s’affirmer davantage dans le paysage local. Après avoir décroché un siège parlementaire lors des dernières législatives, le parti entend capitaliser sur cet acquis pour renforcer sa présence dans les communes et bousculer les formations traditionnelles. Sa démarche repose sur le choix de candidats susceptibles de mobiliser les électeurs, mais également sur la présentation d’un programme en prise avec les préoccupations quotidiennes de la population, notamment en matière de développement local et d’amélioration du cadre de vie.

Au-delà des ambitions affichées et des stratégies déployées, les locales de novembre s’annoncent comme un véritable test de représentativité pour les formations politiques en lice à Oran. La capacité à mobiliser les appareils partisans et à occuper le terrain ne suffira pas à elle seule à faire la différence. C’est désormais sur leur aptitude à convaincre les citoyens, à défendre des programmes crédibles et à proposer des candidats à la hauteur des attentes locales que les partis seront jugés. Le verdict des urnes déterminera les nouveaux rapports de force et dessinera la configuration politique des futures APC et de l’APW. Pour les différentes formations, la bataille ne se jouera donc pas uniquement sur le terrain de la mobilisation, mais bien sur celui de la confiance des électeurs.