I. Yacine

À Mascara, la gare routière de Khessibia s’impose aujourd’hui comme l’un des projets les plus attendus par les usagers du transport. Longtemps marquée par des insuffisances structurelles, une organisation approximative et des conditions d’accueil jugées inadaptées, cette infrastructure stratégique fait désormais l’objet d’une opération d’aménagement destinée à redéfinir son rôle au cœur de la mobilité urbaine. Chaque jour, des centaines de voyageurs y transitent. Travailleurs, étudiants, familles. Tous confrontés à une réalité souvent marquée par l’encombrement, le manque d’espaces d’attente adaptés et des conditions de circulation parfois difficiles. Dans ce contexte, la requalification de la gare de Khessibia apparaît comme une nécessité, mais aussi comme un défi. Car une gare routière ne se limite pas à un point de départ ou d’arrivée. Elle incarne la première image d’une ville et le reflet de son organisation. Le projet en cours vise ainsi à améliorer la qualité des infrastructures, à renforcer la sécurité des voyageurs et à moderniser les espaces dédiés au transport. L’objectif est clair. Offrir un cadre plus fonctionnel, mieux structuré et capable de répondre à l’augmentation constante du flux de passagers. L’aménagement prévoit également la réorganisation des quais, l’amélioration de l’accessibilité et la mise en place d’un environnement plus propre et plus sécurisé. Mais derrière ce chantier, l’enjeu dépasse la simple réhabilitation. Il s’agit d’anticiper la pression croissante sur les infrastructures de transport. Avec l’extension urbaine et l’intensification des déplacements intercommunaux, la gare de Khessibia ne peut plus assumer seule l’ensemble du trafic. La saturation progressive devient une menace silencieuse. Elle s’installe lentement, mais finit par perturber l’ensemble du système. C’est dans cette logique qu’une étude est actuellement en cours pour la réalisation d’une nouvelle gare routière à la sortie de la ville de Mascara, sur la route menant vers Oran. Ce futur projet s’inscrit dans une vision plus large, visant à désengorger le centre urbain et à répartir les flux de transport de manière plus efficace. Une telle infrastructure permettrait d’absorber une partie importante du trafic, notamment celui des liaisons interwilayas. Ce double projet révèle une stratégie plus profonde. D’un côté, moderniser une gare existante devenue essentielle. De l’autre, préparer l’avenir en anticipant la croissance du transport routier. Une approche qui repose sur un principe simple mais déterminant. Mieux organiser les déplacements pour éviter l’asphyxie progressive des infrastructures. Car dans les villes en mutation, les gares routières deviennent des points névralgiques. Lorsqu’elles sont adaptées, elles fluidifient la mobilité et améliorent la qualité de vie. Lorsqu’elles sont dépassées, elles deviennent des foyers de tension, d’encombrement et d’insatisfaction. À Mascara, l’aménagement de la gare routière de Khessibia et l’étude d’une nouvelle infrastructure à la sortie vers Oran dessinent ainsi les contours d’une bataille silencieuse contre la saturation. Une bataille où chaque décision, chaque aménagement et chaque anticipation peut transformer durablement l’organisation du transport et, au-delà, le quotidien des citoyens.