H. Nassira
Le programme de logement promotionnel aidé (LPA II) du Fonds national de péréquation des œuvres sociales (FNPOS) continue de susciter de vives réactions à Oran. Sur près de 13 000 demandeurs inscrits dans la wilaya, seuls 138 candidats ont été retenus, un chiffre jugé très insuffisant par de nombreux postulants au regard de l’ampleur de la demande locale.
Alors que la période de recours ouverte aux candidats non retenus arrivera à son terme le 6 juin courant, les dossiers rejetés peuvent encore faire l’objet d’un réexamen sur présentation de pièces justificatives. Cette phase, ouverte depuis le 21 mai, constitue pour les concernés une ultime opportunité de contester les décisions de refus.
L’écart particulièrement important entre le nombre de bénéficiaires et celui des demandeurs alimente cependant un sentiment de frustration. Bien que l’enveloppe nationale du programme dépasse les 2 000 logements, la part réservée à Oran demeure limitée à 138 unités, destinées à être réalisées au niveau du nouveau pôle urbain de Belgaïd, où plusieurs projets immobiliers relevant de différentes formules sont actuellement en cours de développement.
Pour de nombreux candidats, cette opération ne répond que partiellement aux besoins exprimés dans une wilaya confrontée à une pression croissante sur le logement. Plusieurs demandeurs estiment que les possibilités d’accès à un logement demeurent restreintes malgré l’existence de différents dispositifs publics, notamment le LPA et la formule location-vente.
Les postulants réclament ainsi une révision à la hausse des quotas attribués à Oran lors des prochaines opérations. Certains soulignent avoir déjà essuyé des refus dans d’autres programmes, notamment ceux de l’AADL, avant de voir leurs dossiers écartés également dans le cadre du LPA II.
Le processus de sélection repose sur une grille d’évaluation prenant en compte plusieurs paramètres, dont l’ancienneté professionnelle, les revenus du ménage, la situation familiale et le nombre d’enfants à charge. La proximité entre le lieu de résidence du candidat et le site du projet constitue également un critère déterminant dans l’attribution des points.
C’est précisément ce dernier aspect qui fait l’objet de critiques de la part de nombreux demandeurs. Selon eux, les critères géographiques accordent un avantage significatif aux candidats résidant dans la même commune ou la même daïra que le projet concerné, réduisant ainsi les chances des autres postulants.
Au-delà des critères de sélection, plusieurs familles estiment que certaines réalités sociales mériteraient une prise en compte plus importante. Elles évoquent notamment la situation de ménages vivant depuis plusieurs décennies dans des logements exigus, souvent composés d’une ou deux pièces, où cohabitent plusieurs générations sous un même toit.
Dans certains cas, des familles installées dans ces habitations depuis les années 1960 continuent de faire face à une promiscuité croissante, avec des enfants devenus adultes, parfois mariés, qui demeurent au domicile familial faute de solution résidentielle.
Face à cette situation, des candidats non retenus appellent à la mise en place de dispositifs spécifiques en faveur des familles occupant des logements de faible superficie. Ils plaident pour des mesures permettant soit leur relogement, soit l’accès de leurs enfants à un logement conformément aux dispositions réglementaires en vigueur.
Les concernés soulignent enfin une autre difficulté : des revenus dépassant les plafonds ouvrant droit au logement social, sans pour autant leur permettre d’accéder aisément aux autres formules de logement. Une situation qui, selon eux, pénalise particulièrement les familles nombreuses ainsi que celles comptant des personnes à besoins spécifiques.




