Meriem B

Un nouveau cycle national de formation destiné aux commissaires aux comptes a été lancé, samedi, à la Chambre de commerce et d’industrie de la wilaya d’Oran. Organisée sous l’égide de la Chambre nationale des commissaires aux comptes, cette session s’inscrit dans le cadre du programme de formation continue visant à accompagner les professionnels du contrôle légal dans la maîtrise des nouvelles dispositions législatives et réglementaires, notamment celles relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la criminalité financière.

Cette initiative ambitionne de permettre aux praticiens de la profession, qu’ils soient nouvellement agréés ou expérimentés, de renforcer leurs compétences et de s’adapter aux mutations que connaît le secteur, dans un contexte de modernisation continue du système comptable et financier.

Intervenant lors du lancement de la session dédiée à la région Ouest, organisé à Oran, le représentant de la Chambre nationale des commissaires aux comptes pour l’Ouest, Hussein Ryad Terkaoui, a souligné l’importance de ce rendez-vous, qui marque le démarrage d’un programme de perfectionnement à l’échelle nationale.

Il a indiqué que cette formation est essentiellement consacrée aux techniques d’audit et à l’accompagnement des professionnels dans la mise en œuvre des nouvelles dispositions législatives édictées par l’État, en particulier celles liées à la prévention du blanchiment d’argent et du financement du terrorisme.

Selon lui, le commissaire aux comptes est désormais appelé à jouer un rôle déterminant dans la détection et le signalement des opérations suspectes, à travers les rapports qu’il établit dans le cadre de ses missions de contrôle et de certification des comptes.

D’une durée de 42 heures réparties sur sept jours, cette session vise également l’élaboration d’un guide méthodologique conforme aux normes professionnelles, en vue d’harmoniser les pratiques d’audit et de faciliter l’expression de l’opinion des commissaires aux comptes sur la certification ou la non-certification des états financiers des entreprises.

Un rôle accru dans la prévention des délits financiers

De son côté, le représentant de la Chambre nationale des commissaires aux comptes pour la wilaya d’Oran, Abdelhakim Ammour, a mis en avant les nouveaux enjeux auxquels la profession fait face, dans un contexte marqué par le renforcement des dispositifs nationaux de lutte contre la corruption et la criminalité financière.

Il a affirmé que le commissaire aux comptes est appelé à occuper une place centrale dans la révélation et la dénonciation des faits délictueux, notamment en matière de blanchiment d’argent. Cette responsabilité accrue impose une maîtrise rigoureuse des mécanismes de signalement et de prévention, d’où l’importance accordée aux actions de formation et de mise à niveau.

M. Ammour a souligné que cette dynamique s’inscrit dans les efforts visant à renforcer l’efficacité du dispositif national de lutte contre les flux financiers illicites, tout en accompagnant les engagements de l’Algérie en matière de conformité aux standards internationaux, notamment dans le cadre de ses démarches pour son retrait de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI).

Une dynamique de modernisation au service de l’économie nationale

Pour sa part, le Dr Ali Ghissa, expert-comptable, commissaire aux comptes, universitaire et formateur, a indiqué que cette session s’inscrit dans une démarche continue de mise à niveau des compétences professionnelles, appelée à être renforcée par d’autres cycles de formation dans les prochaines semaines.

Il a précisé que cette orientation traduit la volonté de la Chambre nationale des commissaires aux comptes de consolider une culture de formation permanente, en phase avec les évolutions du système comptable et financier, tant au niveau national qu’international.

Le spécialiste a souligné que ces actions interviennent dans un contexte de réformes économiques et financières profondes, marqué par le renforcement des mécanismes de gouvernance, de transparence et de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Il a enfin relevé que l’économie nationale connaît une dynamique positive, soutenue par les efforts de modernisation et d’amélioration du climat d’investissement. Dans ce cadre, la profession de commissaire aux comptes est appelée à jouer un rôle central dans la fiabilité de l’information financière et la consolidation de la confiance dans l’environnement économique national.