Meriem B 

L’Université Oran 1 Ahmed Ben Bella a donné, lundi, le coup d’envoi des journées scientifiques du projet algéro-italien IPTICAR (Towards Exchange of Experience and Interests in Agri-Environmental Biotechnology), une initiative dédiée au renforcement de la coopération universitaire et scientifique dans les domaines des biotechnologies agroenvironnementales, de l’agroécologie et de l’agriculture durable. Réunissant chercheurs, enseignants, étudiants, institutions techniques et partenaires socio-économiques algériens et italiens, cette rencontre se poursuivra jusqu’au 18 juin à travers un riche programme de conférences, d’échanges académiques et de visites de terrain.

Financé par l’Union européenne dans le cadre d’un programme de jumelage universitaire et porté conjointement par l’Université Oran 1 et l’Université de Florence, le projet IPTICAR ambitionne de créer de nouvelles passerelles entre recherche, formation et innovation afin de répondre aux enjeux environnementaux et agricoles contemporains.

Une coopération tournée vers l’excellence scientifique

Dans son allocution d’ouverture, le recteur de l’Université Oran 1, le Pr Abdelmalek Amine, a souligné la portée stratégique de cette initiative qui s’inscrit pleinement dans la politique d’ouverture internationale de l’établissement.

Il a rappelé que l’accueil de ce projet international traduit la volonté de l’université de renforcer son ancrage dans les réseaux académiques mondiaux et de promouvoir une recherche scientifique capable d’apporter des réponses concrètes aux défis du développement durable. Selon lui, IPTICAR constitue un modèle avancé de coopération multidimensionnelle fondé sur la mutualisation des compétences dans les domaines des biotechnologies agricoles et environnementales, de l’agroécologie et des systèmes de production durables.

Le recteur a également insisté sur les perspectives offertes aux étudiants, doctorants et chercheurs à travers la mobilité académique, l’encadrement conjoint et l’intégration dans des réseaux scientifiques internationaux. Il a estimé que ces journées scientifiques contribueront à approfondir le dialogue entre chercheurs algériens et italiens, à faire émerger de nouveaux projets et à bâtir des partenariats durables.

Les travaux ont donné lieu à plusieurs conférences consacrées aux biotechnologies des sols, aux interactions entre plantes, microorganismes et environnement, ainsi qu’aux approches innovantes en matière d’agroécologie et d’aménagement territorial. Les échanges ont également permis de réunir universitaires, étudiants et acteurs socio-économiques autour de problématiques directement liées au développement agricole durable.

Des avancées concrètes pour la formation et la recherche

Coordinateur du projet et responsable du Laboratoire de biotechnologie de la rhizosphère et amélioration des plantes (LBRAP), le Pr Abdelkader Bekki a rappelé que l’objectif premier d’IPTICAR est de favoriser le transfert de connaissances et l’ouverture des étudiants algériens aux expériences scientifiques internationales.

Il a annoncé la volonté de faire évoluer, dès l’année prochaine, le master « Biotechnologie et microbiologie appliquée » afin d’y intégrer davantage de mobilité internationale, de stages de recherche et de collaborations pédagogiques avec des laboratoires européens, notamment ceux de l’Université de Florence.

Selon lui, cette démarche permettra aux étudiants d’accéder à des laboratoires de pointe, de bénéficier d’expériences scientifiques internationales et de renforcer leur insertion dans les réseaux académiques mondiaux.

Cette coopération scientifique s’appuie déjà sur plusieurs années de travail commun. Le professeur Carlo Viti, enseignant-chercheur à l’Université de Florence, a rappelé que les relations scientifiques entre les deux universités remontent à cinq ou six années. Les équipes des deux établissements conduisent conjointement des recherches portant sur les bactéries du sol capables d’établir des relations symbiotiques avec les légumineuses, notamment la luzerne et le pois chiche.

Ces travaux visent à identifier et sélectionner des souches bactériennes performantes susceptibles d’améliorer la productivité des cultures tout en réduisant la dépendance aux intrants chimiques. Le chercheur italien a précisé qu’un premier projet de recherche avait déjà été mené à son terme il y a deux ans et que deux autres programmes sont actuellement en cours afin de développer des solutions innovantes destinées à accroître les rendements de la luzerne. Des travaux conduits en étroite collaboration avec les équipes du Pr Bekki, illustrant la solidité du partenariat scientifique établi entre Oran et Florence.

Le terrain au cœur du partenariat

Au-delà de sa dimension académique, le projet entend renforcer les liens entre recherche scientifique et réalités du terrain. Directrice de la station régionale de protection des végétaux de Misserghine, Mme Dalila Chaber Yahiaoui a mis en avant l’importance des partenariats entre institutions de recherche, universités et acteurs agricoles pour accélérer le transfert des innovations vers les exploitations.

Elle a souligné le rôle de l’Institut national de protection des végétaux dans le suivi phytosanitaire, la surveillance des ravageurs et des maladies des cultures ainsi que la diffusion de bulletins d’alerte destinés aux agriculteurs afin de favoriser des interventions rapides et raisonnées. Pour elle, les avancées scientifiques n’ont de sens que lorsqu’elles trouvent une application concrète sur le terrain et contribuent à renforcer la sécurité alimentaire.

Même engagement du côté des professionnels du secteur. Investisseur agricole spécialisé dans la production de raisin de table à Bousfer, Mourad El Ayachi a rappelé que son exploitation accueille régulièrement des étudiants et des travaux expérimentaux conduits en partenariat avec l’université et des équipes italiennes.

Il a salué les actions de vulgarisation scientifique, les journées techniques et les écoles aux champs organisées au profit des agriculteurs, qui favorisent le partage d’expériences et la diffusion des nouvelles pratiques agricoles. Selon lui, le rapprochement entre chercheurs, étudiants et exploitants constitue un levier essentiel pour moderniser le secteur agricole et valoriser les résultats de la recherche sur le terrain.

Les journées scientifiques se poursuivent avec des discussions consacrées à la coopération universitaire dans le cadre du programme Erasmus+, des présentations de travaux doctoraux ainsi qu’une visite de terrain auprès d’exploitations agricoles pilotes et de partenaires socio-économiques. Cette ultime étape vise à identifier de nouvelles opportunités de collaboration et à préparer des projets susceptibles de bénéficier de financements nationaux et internationaux.