Des frappes de drones ont paralysé plusieurs services essentiels dans la ville d’El Obeid et ses environs, dans l’Etat du Kordofan du Nord (Soudan), aggravant la situation humanitaire dans un contexte de recrudescence de l’épidémie de choléra, a averti mardi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).

Selon OCHA, des attaques survenues entre jeudi et dimanche ont visé plusieurs infrastructures civiles, notamment un poste de transformation électrique et une station-service, entraînant de lourdes perturbations des services de base. Ces frappes ont conduit à la fermeture de plusieurs établissements de santé à El Obeid, dont des centres de dialyse et des services d’urgence, selon le Réseau des médecins du Soudan.

Plusieurs stations de pompage et de distribution d’eau auraient également été mises hors service, aggravant les difficultés d’accès à l’eau potable dans une région déjà fragilisée.

Dans la même zone, des sources locales ont fait état de frappes de drones ayant ciblé deux ponts au sud d’Um Ruwaba, sur l’axe reliant cette localité à Abu Jubeiha, dans le Kordofan du Sud. Malgré ces attaques, les partenaires humanitaires estiment que la circulation reste pour l’heure possible sur ce corridor.

D’autres frappes ont été signalées dans la ville d’Ar Rahad, au sud-est d’El Obeid, le long d’une importante route stratégique.

Parallèlement, dans le Kordofan occidental, la situation sanitaire continue de se détériorer avec une aggravation de l’épidémie de choléra, alimentée par les restrictions d’accès humanitaire, l’insécurité, les déplacements de populations et le manque d’eau potable et d’assainissement.

Au 16 juin, 700 cas et 60 décès ont été recensés, dont 100 cas et 10 décès depuis le début du mois.

Les agences humanitaires indiquent avoir appuyé la prise en charge des malades, la fourniture de médicaments et la mise en place de centres de traitement, ainsi que des campagnes de sensibilisation.

Les Nations unies ont réitéré leur appel à toutes les parties au conflit à respecter le droit international humanitaire, à protéger les civils et les infrastructures civiles, et à garantir un accès humanitaire rapide, sûr et sans entrave.