H. Nassira
La campagne électorale pour les législatives du 2 juillet est entrée dans sa troisième et dernière semaine, dans un climat de concurrence croissante entre les candidats de la wilaya d’Oran. Ceux-ci multiplient les activités de proximité et les rencontres directes avec les citoyens, tout en investissant les espaces publics très fréquentés, tels que les marchés, les cafés et les lieux de loisirs, sans oublier les zones reculées que les candidats cherchent à conquérir, car elles comptent parmi les électorats les plus assidus aux bureaux de vote.
Malgré l’atmosphère concurrentielle qui caractérise la campagne, certaines pratiques contraires à la législation régissant le processus électoral ont été relevées dans plusieurs quartiers, notamment en ce qui concerne l’affichage de posters en dehors des espaces qui leur sont réservés. Cap DZ s’est rendue dans le quartier de Sidi El-Bachir et a constaté des cas d’apposition de photos d’un candidat sur des murs et des poteaux électriques, et même aux abords d’un établissement scolaire, l’école primaire Ali Belkacem, dont une partie de la façade extérieure a été recouverte par les affiches du candidat. Ces pratiques ont suscité l’indignation de plusieurs citoyens, qui y ont vu une dégradation du cadre urbain et une atteinte à la sacralité des établissements scolaires, dénonçant ce qu’ils ont qualifié de « campagnes anarchiques » ne respectant ni les règles légales ni les principes éthiques du processus électoral. De tels dépassements ont été relevés, selon les observations de terrain, dans certains quartiers populaires et zones connaissant des situations urbaines particulières ou en cours de régularisation foncière, des secteurs sur lesquels plusieurs candidats misent pour capter un maximum de voix. Des infractions similaires ont également été signalées dans d’autres quartiers de la wilaya.
L’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a rappelé à maintes reprises la nécessité de respecter les dispositions légales régissant la campagne électorale, notamment en ce qui concerne l’affichage et la publicité politique, mettant en garde contre l’utilisation des façades publiques, des commerces, des cafés ou de tout autre espace non légalement destiné à cet usage. La loi organique relative au régime électoral impose à toutes les listes et candidats de respecter les emplacements réservés à l’affichage, afin de garantir le principe d’égalité des chances et d’équité entre les différents concurrents. Par ailleurs, les observateurs constatent une absence quasi totale des affiches des listes électorales dans de nombreuses rues d’Oran, à l’exception de quelques affiches individuelles dont les auteurs mettent l’accent sur leurs numéros et leurs étiquettes partisanes. De nombreuses affiches ont également été déchirées ou détériorées.
Avec l’évolution des moyens de communication, la plupart des candidats ont renforcé leur présence sur les réseaux sociaux, devenus la plateforme privilégiée pour se faire connaître et promouvoir leurs activités. Toutefois, des observateurs de la vie politique estiment que l’influence virtuelle ne suffit pas à elle seule à garantir les voix, car l’interaction numérique ne se limite pas au seul corps électoral concerné par la circonscription. Le contact direct sur le terrain reste donc plus efficace pour convaincre les citoyens et les inciter à se rendre aux urnes.
À l’approche du scrutin, la campagne électorale affiche une certaine parité dans l’activité des partis, que ce soit par l’ouverture des permanences, l’organisation de sorties de proximité ou la publication de photos des activités sur les plateformes numériques. Ce qui frappe toutefois les observateurs, c’est l’absence de présentation détaillée des programmes électoraux chez plusieurs partis et listes candidates, au profit d’une focalisation sur la présentation des candidats et leurs portraits. Les discours électoraux affichés sont par ailleurs largement similaires, mettant l’accent sur l’amélioration des performances du Parlement, le service au citoyen et la prise en charge de ses préoccupations, ainsi que sur le traitement des dossiers sociaux, le soutien à l’économie nationale, l’offre de davantage d’opportunités aux jeunes, l’encouragement de l’investissement et le développement de tous les secteurs.




