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Malgré la poursuite des campagnes de démolition et de lutte contre le phénomène: Qui protège la construction illicite à Oran ?

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Habib Benaouda 

Le dossier de la construction illicite continue de s’imposer comme l’un des principaux défis urbanistiques auxquels est confrontée la wilaya d’Oran. En dépit des importants moyens mobilisés par les pouvoirs publics pour endiguer le phénomène, à travers l’intensification des opérations de démolition et la mise en œuvre de programmes de logement destinés à offrir un habitat décent aux citoyens, les constructions illégales continuent de proliférer dans plusieurs communes de la wilaya.

Au cours des derniers mois, les autorités de wilaya ont multiplié les interventions visant les bâtisses érigées sans permis de construire ou implantées sur des terrains non destinés à l’urbanisation. Les opérations ont concerné notamment les communes d’Aïn El Turck, Bousfer, Bir El Djir, Hassi Bounif ainsi que plusieurs quartiers de la commune d’Oran, dans le cadre de l’application stricte de la législation relative à l’urbanisme et à la protection du foncier public et agricole.

Les autorités rappellent que cette stratégie répond à une volonté affirmée de faire respecter la loi et de mettre un terme aux atteintes portées au domaine public. Elles soulignent que ces constructions, souvent réalisées dans l’anarchie la plus totale, ne respectent ni les normes de sécurité ni les instruments d’aménagement urbain, compromettant ainsi l’organisation future des territoires et le déploiement des réseaux et équipements publics.

Intervenir avant qu’il ne soit trop tard

Au-delà des démolitions de constructions récentes, l’État s’est également attaqué aux plus importants foyers d’habitat précaire qui défiguraient depuis des décennies le paysage urbain de la wilaya. Le quartier “Kimo”, à Es Senia, ainsi que le vaste regroupement informel de Sidi El Bachir, autrefois considéré comme le plus grand quartier illicite de la wilaya, illustrent cette politique. Des centaines de familles y ont été relogées dans un ensemble de 1.600 logements, avant la démolition complète des constructions, la récupération et la sécurisation du foncier, puis le lancement d’un nouveau programme immobilier de 1.800 logements. Une opération qui traduit la volonté des pouvoirs publics de reconquérir le foncier public et de le réorienter vers des projets structurants.

Ces réalisations, aussi significatives soient-elles, n’ont toutefois pas empêché la réapparition de nouvelles constructions illicites dans plusieurs secteurs. Des bâtiments surgissent parfois en quelques jours seulement, alimentant une interrogation de plus en plus insistante : qui protège la construction illicite à Oran ? Comment certains chantiers non autorisés parviennent-ils à atteindre un stade avancé avant que les services compétents n’interviennent ?

Pour de nombreux observateurs, ces questions mettent en lumière la nécessité de renforcer la surveillance de terrain et d’agir dès les premiers signes d’infraction. Car une intervention précoce demeure bien plus efficace et moins coûteuse que des opérations de démolition lorsque les constructions sont déjà achevées.

Une approche globale pour enrayer durablement le phénomène

Les acteurs locaux estiment que la lutte contre la construction illicite ne peut se résumer aux seules opérations de démolition. Elle exige également une vigilance permanente des élus locaux, des délégués de quartiers et des services techniques, appelés à signaler immédiatement tout chantier non autorisé et à engager sans délai les procédures prévues par la réglementation, avant que les infractions ne se transforment en situations sociales complexes.

Les spécialistes de l’urbanisme plaident, quant à eux, pour une approche plus globale, conciliant fermeté dans l’application de la loi, planification urbaine, mobilisation de réserves foncières aménagées et accélération des différents programmes de logement afin de répondre aux besoins réels de la population. Ils insistent également sur l’importance de renforcer la sensibilisation au respect des règles d’urbanisme.

Enfin, plusieurs observateurs de la vie locale estiment que seule une coordination permanente entre les communes, les daïras, les services de l’urbanisme, les organes de contrôle et les services de sécurité, associée à une présence quotidienne sur le terrain et à une application rigoureuse de la loi sans distinction, permettra de freiner progressivement l’expansion de la construction illicite, de préserver le tissu urbain et de protéger durablement le foncier public. Une responsabilité qui incombe aussi bien aux institutions qu’aux citoyens.

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