H. Nassira

 

Le marché de gros des fruits et légumes d’El Karma, situé à proximité d’Oran, bénéficie d’une position géographique stratégique au carrefour de l’autoroute Est-Ouest, à cinq minutes de l’aéroport et à une demi-heure du port. Cette localisation représente un atout considérable pour dynamiser les échanges commerciaux et faire de ce marché un acteur national majeur dans la distribution agroalimentaire.

 

Une situation difficile malgré les capacités

 

Depuis sa création en 2012, ce marché connaît une situation jugée critique par son directeur général, Yacine Zeroual. En effet, le manque d’entretien, l’absence d’installations modernes, et des conditions d’hygiène et de sécurité insuffisantes affectent son fonctionnement. Le marché n’a pas toujours respecté les standards d’un véritable marché de gros, se rapprochant davantage d’un demi-gros. Aux dires du responsable des lieux, le maintien de ces défauts empêche l’exploitation optimale de son potentiel. Le chiffre d’affaires actuel, qui avoisine les 22 milliards de centimes, ne couvre que les frais d’entretien, un indicateur parlant de cette sous-exploitation. Pourtant, le marché est animé par 240 grossistes actifs, avec un transit quotidien de plus de 300 quintaux de fruits et légumes, témoignant d’une activité commerciale réelle et prometteuse.

 

Stratégies de développement et modernisation

 

Face à cette situation, une stratégie de développement est mise en place. Elle comprend notamment l’aménagement d’une zone d’exportation d’une surface de 1000 mètres carrés équipée de chambres froides et d’outils d’emballage conformes aux normes de qualité internationales, avec une ouverture prévue en octobre prochain. Cette unité vise à faciliter la commercialisation des produits algériens à l’étranger, soulignant la volonté d’ouvrir de nouveaux débouchés et d’insuffler une dynamique exportatrice au marché. À partir de septembre, une autre avancée importante sera la mise à disposition d’une surface pour les agriculteurs afin qu’ils vendent directement leurs produits aux grossistes. Cette initiative vise à simplifier les circuits de distribution, tout en offrant aux producteurs des conditions plus favorables. Une taxe d’entrée pour les camions a été fixée, respectivement à 3000 dinars pour les gros camions et 2000 dinars pour les plus petits.

En outre, un projet social est en discussion pour construire des dortoirs réservés aux chauffeurs et ouvriers du marché, dont les conditions de travail sont ardues, notamment du fait de leurs horaires qui s’étendent souvent jusqu’aux premières heures du matin. Ces installations contribueront à améliorer leurs conditions de vie et de travail.

 

Réactivation et diversification des activités

 

Outre la distribution des fruits et légumes, le marché entend étendre ses activités. La reprise du marché automobile est prévue, ainsi que la relance d’une unité de chambres froides pour les produits de la mer, témoignant d’une volonté d’élargir le périmètre économique et d’attirer davantage d’opérateurs.

 Néanmoins, les commerçants présents sur le site interpellent les autorités sur le coût élevé des loyers, qui atteignent désormais quatre millions de centimes, un fardeau jugé excessif par une majorité d’entre eux. La révision de ces tarifs relève cependant du conseil d’administration présidé par le wali d’Oran. Selon le directeur général, une majorité des grossistes respecte ses engagements financiers et de nouveaux programmes sont à l’étude pour augmenter les revenus du marché et améliorer son offre de services.

Ce marché, au carrefour entre tradition et modernité, entre défis à relever et opportunités économiques, incarne une pièce maîtresse dans la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire régionale. La capacité à mettre en œuvre ces projets structurant et à répondre aux attentes des acteurs locaux sera déterminante pour sa montée en puissance sur le plan national et international.