H. Nassira 

À Oran, le transport par taxi continue d’alimenter les doléances des usagers. Malgré les efforts engagés par la Direction des transports pour améliorer la qualité du service, les citoyens dénoncent des insuffisances persistantes et réclament l’ouverture de nouvelles lignes afin de mieux répondre à une demande en constante progression, notamment vers les nouveaux pôles urbains.

Dans cette optique, la Direction des transports a récemment procédé à la mise en service de deux nouvelles dessertes : l’une reliant le pôle urbain Belgaïd, à proximité de la mosquée Macha Allah, au quartier Chakouri à El Hamri, et l’autre assurant la liaison entre Ahmed Zabana, à Misserghine, et la gare routière « El Bahia ». Ces nouvelles lignes ont permis de soulager, en partie, la demande de transport, ouvrant la voie à une extension de cette expérience à d’autres secteurs de la wilaya où les besoins demeurent importants.

Les habitants de quartiers fortement peuplés, à l’image d’Es-Sabah, Sidi El Houari et Es-Seddikia, plaident ainsi pour la création de nouvelles dessertes par taxi,  en particulier vers le pôle urbain Belgaïd, qui concentre aujourd’hui plusieurs infrastructures stratégiques, dont le campus universitaire, le stade olympique Miloud Hadefi et le Village méditerranéen.

En dépit d’un parc estimé à près de 4.000 taxis, toutes catégories confondues (urbains et interwilayas), l’accès à ce mode de transport reste souvent problématique. De nombreux usagers déplorent la faible disponibilité des taxis dans plusieurs secteurs, le refus de certains chauffeurs d’assurer des courses vers des destinations jugées peu rentables ou fortement congestionnées, ainsi que le refus de s’arrêter à certains points de prise en charge alors même que des places demeurent disponibles.

Cette situation favorise le recours croissant aux transports clandestins, devenus, pour de nombreux habitants, une solution de substitution face aux difficultés rencontrées dans le réseau officiel.

La Direction des transports durcit les contrôles

Parallèlement, les services de la Direction des transports poursuivent leurs opérations de contrôle afin d’assainir le secteur et de renforcer le respect de la réglementation. Dans ce cadre, 152 transporteurs ont été convoqués devant la commission des sanctions administratives, qui se réunira le jeudi 16 juillet 2026 pour examiner plusieurs dossiers d’infractions.

Les manquements constatés portent notamment sur l’expiration de la validité du contrôle technique, l’absence du registre des places ou encore le défaut d’autorisation d’exploitation. Les agents de contrôle ont également relevé d’autres infractions liées au non-respect de la tenue réglementaire, à l’absence d’affichage des tarifs, au défaut d’équipement en trousse de premiers secours, à l’absence de déclaration du début d’activité auprès des services de police, à la pratique de tarifs illicites, à la modification non autorisée des itinéraires, au refus de prise en charge des clients, à la non-conformité du dispositif lumineux, à l’absence de gilet réfléchissant, ainsi qu’à l’exercice de l’activité en dehors du périmètre autorisé.

À travers l’action de cette commission disciplinaire, appelée à statuer sur les procès-verbaux établis par les agents de contrôle, les autorités entendent renforcer la régulation du secteur et améliorer la qualité des prestations offertes aux usagers, dans un contexte marqué par la multiplication des plaintes concernant le recul du service public de transport.

En parallèle, les citoyens continuent de revendiquer l’ouverture de nouvelles lignes de taxis, avec des tarifs abordables ne dépassant pas, selon eux, 100 dinars sur certaines dessertes. Ils estiment qu’une meilleure couverture du territoire permettrait de réduire la dépendance aux transports clandestins et d’assurer un service de proximité plus fiable, plus régulier et davantage adapté aux besoins quotidiens de la population.