Wassila. B

La Bourse d’Alger a fait, ce mardi, un grand pas dans son développement avec l’introduction de la première entreprise relevant du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Il s’agit du Centre de recherche scientifique et technique en analyses physico-chimiques (CRAPC), à travers sa filiale économique CRAPC Expertise. Cette opération, une première pour le secteur, a été officialisée lors d’une cérémonie organisée au siège de la Bourse d’Alger, en présence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, et du ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred.

Cette opération marque une avancée importante dans l’ouverture des établissements de recherche aux mécanismes de financement du marché financier et traduit la volonté des pouvoirs publics de promouvoir l’innovation, de valoriser les résultats de la recherche scientifique et de diversifier les sources de financement de l’économie.

Dans son allocution, Kamel Baddari a qualifié cette introduction en Bourse de «tournant majeur» pour son secteur. «Aujourd’hui, le premier opérateur économique relevant de notre secteur fait son entrée à la Bourse d’Alger», a-t-il déclaré, estimant que cette opération ouvre une nouvelle étape dans la valorisation économique des résultats de la recherche scientifique.

Baddari s’est également félicité du succès de l’opération de souscription. «Le taux de souscription a atteint 104,55 %», a-t-il rappelé, soulignant que ce résultat traduit avant tout «la confiance que les acteurs économiques accordent aux produits issus de la recherche scientifique algérienne». Selon lui, cette réussite reflète également la profonde transformation que connaît aujourd’hui l’université algérienne. «L’université et les centres de recherche ont dépassé leur mission purement académique pour devenir des créateurs de richesse et des partenaires à part entière du développement économique», a-t-il affirmé.

Pour Baddari, l’entrée en Bourse du CRAPC dépasse largement le cadre d’une simple opération financière. «Elle constitue une véritable valeur ajoutée pour l’économie nationale», a-t-il indiqué. Cette démarche s’inscrit, a-t-il rappelé, dans la vision de l’État pour la période 2024-2029, qui vise à renforcer le rôle économique de l’université et à faire des résultats de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique un véritable moteur de développement.

Les universités et les centres de recherche sont ainsi appelés à jouer un rôle central dans l’économie de la connaissance. «Ils deviennent des maillons essentiels de la chaîne de création de valeur, dans l’économie numérique, l’innovation et la créativité», a expliqué le ministre, rappelant que la recherche scientifique constitue désormais l’un des principaux leviers de la croissance économique et de la création de richesse.

En conclusion, Kamel Baddari a félicité le CRAPC pour «cette réalisation importante» et salué l’accompagnement du ministre des Finances dans la concrétisation des nouvelles missions confiées à l’université, fondées sur la création d’entreprises économiques, la production de richesse, la création d’emplois et la mise en œuvre du programme du gouvernement, conformément aux orientations du président de la République.

Après l’introduction de CRAPC Expertise, celle de la société AYRADE est également prévue. La Bourse d’Alger comptera ainsi dix sociétés cotées, illustrant la volonté des pouvoirs publics d’en faire un levier de financement de l’investissement et un instrument au service de la diversification de l’économie nationale.