Foncier agricole à Oran – Les agriculteurs réclament une régularisation accélérée et un recours accru aux eaux traitées 

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Djamila M

L’Association agricole pour l’irrigation par les eaux traitées de la wilaya d’Oran plaide pour une accélération de la régularisation du foncier agricole, estimant qu’il s’agit d’un préalable indispensable à la relance de l’investissement, au renforcement de la sécurité alimentaire et à la création d’emplois en milieu rural.

Dans une déclaration accordée à CapDz, son président, Boualem Hassan, a souligné que les agriculteurs et investisseurs ayant transformé des terres inexploitées en exploitations productives doivent bénéficier d’un accompagnement concret. Selon lui, la régularisation rapide de leur situation juridique leur permettra de poursuivre leurs projets dans un cadre sécurisé et d’accéder plus facilement aux dispositifs publics de financement et de soutien.

Ces dernières années, de nombreux investisseurs ont engagé d’importants projets agricoles dans la wilaya d’Oran, avec la réalisation de forages, de réservoirs de stockage, de réseaux modernes d’irrigation, ainsi que la plantation de milliers d’arbres fruitiers et le développement de cultures maraîchères, fourragères et d’activités d’élevage. Ces initiatives ont contribué à la valorisation de vastes superficies jusque-là inexploitées, tout en générant des emplois et une dynamique économique dans plusieurs zones rurales.

Toutefois, l’association relève que nombre de ces projets demeurent pénalisés par les lenteurs liées à la régularisation des dossiers de possession, de conformité et de concession agricole. Une situation qui retarde l’obtention des actes administratifs indispensables et freine l’accès aux crédits bancaires comme aux mécanismes publics d’accompagnement.

Un levier pour la sécurité alimentaire

L’association appelle ainsi les autorités à accélérer le traitement des dossiers fonciers et à délivrer les contrats de concession aux exploitants ayant démontré une mise en valeur effective des terres. Elle préconise également un recensement exhaustif et transparent des terres agricoles, exploitées ou non, afin de disposer d’une cartographie précise du potentiel foncier de la wilaya et de mieux orienter les futurs investissements.

Autre revendication majeure : le développement de l’utilisation des eaux usées traitées et des ressources hydriques non conventionnelles pour l’irrigation. Face à la raréfaction des ressources en eau, cette solution est considérée comme un levier stratégique pour étendre les superficies irriguées sans accentuer la pression sur les nappes phréatiques. L’association plaide, dans ce sens, pour le renforcement des infrastructures de transport et de distribution de ces eaux au profit des agriculteurs.

Elle appelle enfin à une plus grande implication des représentants des agriculteurs dans les décisions relatives au foncier agricole, estimant que le dialogue avec les professionnels du secteur constitue un facteur essentiel pour lever les contraintes administratives et accélérer les investissements. Pour Boualem Hassan, une gestion plus efficace du foncier, conjuguée à un recours accru aux eaux traitées, représente un choix stratégique pour consolider la sécurité alimentaire, soutenir la production nationale et favoriser un développement agricole durable.