Le ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base et le Commandement de la Gendarmerie nationale (CGN) ont signé, samedi à Alger, une convention-cadre prévoyant l’équipement des unités de la Gendarmerie nationale (GN) en stations mobiles de pesage destinées à contrôler la charge des véhicules poids lourds et à constater les infractions liées au dépassement des charges légales, dans le but de renforcer la protection des infrastructures routières et de réduire les accidents de la circulation.
La convention a été signée par le directeur général des infrastructures des travaux publics, M. Smail Rabehi, et le directeur des Unités constituées au CGN, le général Mohamed Chibani, en présence du ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, M. Abdelkader Djellaoui, du secrétaire général du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, ainsi que de représentants du ministère de la Justice et de plusieurs autres secteurs concernés, et ce en marge d’une journée d’étude de sensibilisation sur les dangers de la surcharge des véhicules poids lourds, organisée à l’Ecole supérieure de management des travaux publics (ESMTP) de Sidi Abdallah sous le thème : « Ensemble pour promouvoir la sécurité routière ».
En vertu de cette convention, les stations mobiles de pesage seront utilisées pour renforcer les contrôles sur le terrain au niveau du réseau routier et autoroutier, contribuant ainsi à la constatation des infractions en matière de surcharge, à la protection des infrastructures et à la réduction des accidents de la circulation.
Cette convention constitue « une étape concrète » pour renforcer les mécanismes de contrôle des surcharges, appelant les professionnels du transport et les usagers de la route à respecter les charges légales ainsi que les dispositions du Code de la route, tout en soulignant que la protection des vies humaines et des infrastructures relève d’une responsabilité collective, a souligné M. Djellaoui.
La surcharge constitue l’une des principales causes de la dégradation des routes, des ponts et des ouvrages d’art, réduisant leur durée de vie, outre sa contribution à la survenue d’accidents de la circulation entraînant des pertes humaines et matérielles, a-t-il précisé.
Il a également insisté sur l’importance de la coordination entre les différents secteurs, notamment le ministère de la Défense nationale (MDN), représenté par le CGN, le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, ainsi que le ministère de la Justice, afin de garantir l’efficacité des contrôles et l’application de la loi, affirmant que la prévention et la sensibilisation constituent un pilier essentiel, aux côtés des mesures répressives.
De son côté, le Général Mohamed Chibani a souligné que cette convention traduit la coordination entre les différents secteurs pour la mise en œuvre des orientations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, visant à renforcer le contrôle des infractions au Code de la route, précisant qu’elle définit les mécanismes de dotation du CGN en stations mobiles de pesage et leur utilisation pour constater les infractions liées au dépassement des charges légales.
Lors de cette journée d’étude, les représentants des secteurs concernés ont présenté des exposés portant sur les aspects techniques, juridiques et de contrôle liés aux surcharges des véhicules.
Le représentant de l’Etablissement national de contrôle technique automobile (ENACTA), a révélé que plus de 6 millions de véhicules ont été soumis au contrôle technique en 2025, entraînant l’immobilisation de 2.139 véhicules et à la soumission de 117.538 autres à une contre-visite, en raison de défaillances ayant touché principalement les systèmes de freinage, de direction et de signalisation.
Pour sa part, le représentant du CGN a indiqué que l’Algérie a enregistré au cours de l’année écoulée 7.735 accidents de la circulation ayant entraîné la mort de 2.996 morts et fait 13.504 blessés, tout en soulignant que le facteur humain est à l’origine d’environ 92 % de ces accidents, en raison du non-respect du Code de la route.
Le directeur de la maintenance et de l’exploitation du réseau routier au ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base, Belabed Ramdane, a, quant à lui, fait savoir que le secteur a acquis 124 équipements mobiles de mesure de la charge à l’essieu, comprenant des systèmes de pesage sans fil et des stations de contrôle équipées de plateformes et d’indicateurs de pesage permettant la transmission des données à distance.
Au terme des travaux de la journée d’étude, les décisions d’affectation des stations mobiles de pesage aux directions des Travaux publics des wilayas de Biskra, Bouira, M’Sila, Bordj Bou Arreridj et Naâma ont été remises.
Djellaoui appelle à lutter contre la surcharge
Le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, a appelé, samedi à Alger, à lutter contre le phénomène de surcharge des véhicules poids lourds, soulignant que ce phénomène constitue une menace directe pour la sécurité routière et les infrastructures et qu’il exige une coordination rigoureuse entre les différents secteurs concernés.
Présidant l’ouverture d’une journée d’étude de sensibilisation sur les dangers de la surcharge des véhicules poids lourds, organisée par le ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base en coordination avec le Commandement de la Gendarmerie nationale (CGN), en présence de représentants des secteurs et établissements concernés, M. Djellaoui a indiqué que la lutte contre la surcharge s’inscrit dans le cadre de l’application des dispositions du nouveau Code de la route visant à renforcer la sécurité routière, à protéger les vies humaines et à préserver les infrastructures nationales.
A ce titre, le secteur des Travaux publics « consacre annuellement près de 30% de son budget à l’entretien du réseau routier », a-t-il ajouté, soulignant que « plusieurs mesures ont été prises pour limiter ce phénomène, parmi lesquelles l’adoption de la charge légale par essieu fixée à 13 tonnes dans la conception et la réalisation des routes, le renforcement du système de contrôle des poids grâce à des stations fixes et mobiles, ainsi que le développement du cadre juridique et réglementaire régissant le transport de marchandises ». De plus, il a insisté sur le fait que la lutte contre la surcharge nécessite « une coordination permanente entre les différents secteurs, notamment le CGN, le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports , ainsi que le ministère de la Justice, en sus du renforcement des campagnes de sensibilisation afin d’ancrer la culture du respect des charges légales auprès des professionnels du transport et des usagers de la route ».




