Habib Benaouda 

La bataille pour la présidence de l’Assemblée populaire communale (APC) d’Oran est désormais pleinement engagée. L’avis rendu par la Cour constitutionnelle sur les recours relatifs aux résultats des dernières élections législatives a définitivement entériné l’élection de l’actuel maire, Amine Allouche, en qualité de député à l’Assemblée populaire nationale (APN). Cette validation ouvre de facto la voie à son départ de l’exécutif communal et déclenche une course à sa succession qui s’annonce comme l’un des rendez-vous politiques locaux les plus disputés de l’année.

Trois prétendants émergent pour prendre les rênes de la plus importante commune de la wilaya : Hichem Ayad, représentant du Front El Moustakbal, Benali Benyoucef, candidat du Mouvement de la société pour la paix (MSP), et Sahbi El Houari, porté par le Rassemblement national démocratique (RND). Si les appartenances partisanes constituent un premier facteur de différenciation, l’issue du scrutin dépendra avant tout des équilibres politiques au sein de l’assemblée communale et des alliances qui pourront être nouées dans les prochains jours.

Composé de 43 élus, le conseil communal ne devrait toutefois réunir que 37 votants lors de l’élection du futur président. La suspension de cinq élus, conjuguée à l’absence d’un conseiller se trouvant à l’étranger, modifie sensiblement les rapports de force.  

Des alliances décisives pour départager les prétendants

Dans cette configuration, la majorité absolue, fixée à 20 voix, ne pourra être atteinte qu’au prix de compromis politiques et de rapprochements entre les différentes composantes de l’assemblée.

Fort de son expérience en qualité de vice-président de l’APC chargé de l’environnement et de la propreté, Hichem Ayad mise sur son bilan dans la gestion des affaires locales. Le MSP, pour sa part, entend préserver la présidence de la commune en misant sur Benali Ben Youcef, dans une volonté d’assurer la continuité après le départ d’Amine Allouche vers l’APN. De son côté, le candidat du RND, Sahbi El Houari, fait valoir son expérience dans la gestion municipale et administrative, tout en espérant rallier des soutiens au-delà des clivages partisans traditionnels.

Pour les observateurs de la scène politique locale, les tractations sont désormais appelées à s’intensifier. Les récentes suspensions ayant affecté la composition de l’assemblée ont redistribué les cartes, rendant les équilibres plus incertains que jamais. Dans ce contexte, les élus indépendants ainsi que les conseillers ne s’inscrivant pas dans les principaux blocs politiques pourraient détenir les clés du scrutin et peser de manière décisive sur le choix du prochain président de l’APC.

Au-delà de la désignation du premier magistrat de la commune, cette échéance revêt une portée politique particulière. À la tête de la plus importante collectivité locale de la wilaya, le futur président héritera d’une responsabilité stratégique tant sur le plan administratif que financier et politique. Cette élection est également perçue comme un premier révélateur des rapports de force qui pourraient préfigurer les prochaines échéances locales. Désormais, la compétition est entrée dans une nouvelle séquence : celle des négociations, des calculs politiques et des alliances, qui seront déterminantes pour désigner le successeur d’Amine Allouche.