Boualem. Belhadri
En mars 2015, les services habilités de la wilaya d’Ain Témouchent, avaient tablé sur le lancement d’un important programme de plantations d’oliviers. L’objectif à atteindre, tel que rapporté par les médias à cette époque était de planter 13 000 ha durant le quinquennal qui s’achève à fin 2019 avec une tolérance de quelques mois durant l’année 2020 pour moult raisons.
Cela veut dire que les services habilités, qui dépendent du ministère de l’agriculture, du développement durable et de la pêche (un département ministériel qui a subi plusieurs changements d’appellation, en moins d’une décennie), devaient réaliser 2600 ha par an. Restons à ce niveau d’information et essayons de voir les choses en face avec froideur et plus d’observation.
En matière de densité il faut en moyenne 200 à 250 arbres à l’hectare pour une production moyenne de 4à 5t/ha et sous une pluviométrie de plus de 500 MM. Pour le cas d’une région semi-aride avec une pluviométrie de moins de 400 MM, la densité est de l’ordre de 150 arbres par ha, selon l’étude faite par A. Mamouni, R. Rezzouk et A. Mekkaoui (INRA Meknès). Donc pour pouvoir planter 2600 ha, il faut en moyenne entre 390000 et 52000 arbres. Cela veut dire qu’il faut avoir des dizaines de pépinières au niveau de la wilaya ou aller chercher ces plants ailleurs ou les importer comme ce fut le cas du programme de développement de la viticulture au début des années 2000 où le ministère a eu recours à l’importation à partir de l’Espagne. Ceux qui ont donné ces chiffres savaient qu’il était impossible de réaliser ces taux annuels mais ils ont fermé l’œil et bouché l’oreille. Et c’est bien dommage de leurrer l’opinion publique et fournir de fausses statistiques. Aujourd’hui les choses doivent changer et ceux qui fournissent des fausses statistiques et gonfler les objectifs sans pouvoir les atteindre doivent cesser pour leur bien et le bien de tous. La nouvelle république telle que prônée par Abdelmadjid Tebboune doit mettre de l’ordre et remettre les choses à leur juste valeur. L’olivier et l’oléiculture ne seront plus vus sous l’angle aléatoire, car il s’agit là de l’argent du contribuable qui participe au développement de la filière. Toute la politique en matière d’arboriculture fruitière est à revoir. Créer des offices par filière est une proposition qui mérite d’être discutée. Ce sont les experts dans chaque domaine qui doivent gérer les offices et mettre en œuvre le programme national de développement de chaque filière. Organisation de la filière oléicole est au creux de la vague, en Algérie. Aussi le degré d’organisation des producteurs diffère grandement, d’une région à une autre. Aucune étude fiable et actualisée n’est disponible pour la prendre en référence, en Algérie. D’après l’étude en cours sur les coopératives dans l’Union européenne, l’Espagne a un taux d’organisation de 70%; la Grèce de 60%; le Portugal de 30% et l’Italie de seulement 5%. Dans les zones de montagne, les densités fréquemment pratiquées sont de 80 à 100 arbres par ha. Ponctuellement la plantation est effectuée selon les courbes de niveau afin de limiter l’érosion. Actuellement l’on est en train d’assister à la plantation de l’olivier dans des terres traditionnellement acquises pour la viticulture et la céréaliculture. Cette tendance n’est pas la mieux indiquée, car des terres qui produisent entre 50 à 60 q de céréales par ha ne doivent pas orientées vers l’oléiculture. L’olivier est un arbre à double fin. Et au lieu de céder des parcelles forestières aux riverains pour développer l’apiculture, le bon sens veut que l’Etat songe à la protection des terres déclives à forte pente qu’il faut protéger. Tous les bassins versants du Tessala sont nus et lessivés jusqu’aux os. Les programmes de plantations forestières doivent être orientés pour la protection des terres de montagne dépendant du domaine public privé de l’Etat. La réflexion est à mûrir et les expériences à travers le monde sont nombreuses. L’argent du contribuable va là il produit de l’emploi, de la valeur ajoutée et de la richesse pour l’être humain tout d’abord et à l’Etat en second.



















