H. Nassira
À l’approche de la fin du mandat des assemblées populaires communales et de wilaya, le débat sur la qualité de la gouvernance locale s’invite déjà au cœur des préoccupations. Jeudi, lors des travaux de la session ordinaire de l’Assemblée populaire de wilaya (APW) d’Oran, le wali Brahim Ouchene a livré une évaluation sans détour de la gestion de plusieurs communes, mettant en avant la nécessité d’un recentrage de l’action publique sur les attentes concrètes des citoyens et d’une plus grande responsabilité des élus locaux.
L’intervention du chef de l’exécutif est intervenue en réponse à un membre de l’APW qui faisait remarquer que « le citoyen ordinaire place souvent ses espoirs dans le wali, alors même que des élus locaux sont investis de cette mission ». Une observation qui a conduit le wali à rappeler que les présidents des Assemblées populaires communales (P/APC), ainsi que les élus locaux, demeurent les premiers responsables de la prise en charge des préoccupations quotidiennes de la population. Ils sont, a-t-il souligné, appelés à maintenir un dialogue permanent avec les habitants afin d’identifier les besoins réels et de les traduire en projets de développement répondant aux priorités du terrain.
Tout en rappelant que les communes ont bénéficié d’importants concours financiers de l’État, Brahim Ouchene a regretté que certaines assemblées locales orientent encore leurs budgets vers des opérations qu’il considère comme non prioritaires. Il a cité, à titre d’exemple, la réalisation d’espaces verts ou de jardins publics alors que des quartiers continuent de souffrir de défaillances en matière d’assainissement, de dégradation de la voirie ou d’insuffisances de l’éclairage public. Il a également évoqué des projets d’éclairage implantés dans des zones éloignées des agglomérations, estimant que de telles décisions traduisent un décalage entre les choix d’investissement et les besoins réels des citoyens.
Le wali n’a pas caché son insatisfaction face au fonctionnement de certaines Assemblées populaires communales, indiquant que les services de la wilaya sont parfois contraints d’intervenir pour corriger des dysfonctionnements qui auraient dû être pris en charge au niveau local. Il a également évoqué les nombreuses procédures judiciaires visant des élus, estimant que cette situation interpelle sur la qualité de la gestion communale et sur le sens des responsabilités qui doit prévaloir dans l’exercice des mandats électifs.
À cet égard, il a estimé que le premier levier du changement réside dans le choix des électeurs, appelés, lors des prochaines échéances locales, à désigner des représentants capables d’assurer une gestion efficace, rigoureuse et davantage tournée vers l’intérêt général.
Le chef de l’exécutif a, en outre, rappelé que le président d’une APC demeure l’élu le plus proche des citoyens, davantage qu’un député ou un sénateur, en raison des compétences que lui confère la loi en matière de gestion des affaires communales. Selon lui, les communes disposent de toute la latitude nécessaire pour identifier les opérations prioritaires, tandis que les services de la wilaya veillent à mobiliser les financements nécessaires, sans imposer de programmes qui ne correspondraient pas aux réalités locales.
Réaffirmant sa conception d’une gouvernance fondée sur la coordination et la complémentarité des institutions, Brahim Ouchene a enfin souligné que la mise en œuvre du programme du gouvernement repose sur un travail collectif permanent. Dans cette optique, il a indiqué que deux réunions de coordination sont organisées chaque semaine, les mardis et les jeudis, afin d’assurer un suivi régulier des projets de développement et d’améliorer la concertation entre les différents intervenants. Selon lui, seule une action publique cohérente, articulée autour des véritables priorités des citoyens, est en mesure de renforcer l’efficacité de la gestion locale et de restaurer la confiance entre les administrés et leurs représentants.




