Habib Benaouda 

À trois mois de la fin du mandat électoral, l’APC d’Oran peine toujours à solder la question des postes exécutifs vacants. La session extraordinaire tenue jeudi devait permettre de débloquer plusieurs dossiers urgents liés au fonctionnement de l’assemblée communale. Elle s’est finalement achevée sans décision sur les six postes de l’exécutif ni sur les présidences des commissions permanentes, renvoyant ces arbitrages à une prochaine séance.

Dans une assemblée déjà fragilisée par plusieurs suspensions et par la vacance de certaines fonctions, cette nouvelle remise à plus tard intervient à un moment particulièrement sensible. À quelques mois de l’échéance du mandat, les débats autour de la répartition des responsabilités prennent une dimension politique évidente, alors même que la priorité devrait être donnée à la continuité du service public et au règlement des dossiers en attente.

Le dossier des adjoints au président cristallise notamment les tensions. Avec ses 43 sièges, l’APC d’Oran compte six postes d’adjoints, conformément au cadre fixé par la loi n° 11-10 relative à la commune. L’article 69 détermine leur nombre en fonction de l’importance de l’assemblée, tandis que l’article 70 prévoit que la liste des élus proposés par le président doit être soumise à l’approbation de l’assemblée à la majorité absolue.

Autrement dit, le président ne peut procéder seul à la désignation de ses adjoints. Entre proposition et validation, le dispositif légal impose une forme de compromis politique et institutionnel. Une exigence qui prend tout son relief à Oran, où les équilibres internes de l’assemblée rendent particulièrement sensible toute redistribution des responsabilités.

Même configuration pour les commissions permanentes. Leur composition doit respecter les règles prévues par la législation, notamment le principe de représentation proportionnelle des différentes composantes de l’assemblée. Chaque commission élit ensuite son président parmi ses membres. Derrière cette mécanique institutionnelle se profile donc, inévitablement, la question des rapports de force et du partage des responsabilités au sein du conseil communal.

Le report de ces décisions n’est pas sans conséquence. Alors que la commune est appelée à accélérer la prise en charge de nombreux dossiers et à assurer une gestion plus stable à l’approche de la fin du mandat, l’absence de règlement définitif de la composante exécutive entretient une situation d’attente. Une situation d’autant plus délicate que les enjeux de la période ne sont pas uniquement administratifs.

La séance de jeudi a néanmoins permis de trancher un autre volet de la réorganisation communale, avec l’approbation de la désignation des délégués communaux. Mais le principal enjeu de la réunion, à savoir la mise en place des six postes de l’exécutif et la désignation des présidents des commissions, reste entier.

À cette équation institutionnelle est venu s’ajouter un dossier financier particulièrement sensible. Il concerne la désignation d’un nouveau liquidateur chargé de régler la situation des dettes de l’Office de la culture et des arts, évaluées, selon les données évoquées lors des débats, à près de 22 milliards de centimes. La proposition a donné lieu à des échanges au sein de l’assemblée, notamment après le retrait du précédent liquidateur, qui n’a pas poursuivi sa mission.

À l’APC d’Oran, la fin du mandat s’annonce donc loin d’être une simple période de transition. Entre postes vacants, commissions à recomposer, dossiers financiers à solder et équilibres politiques à préserver, les élus se retrouvent face à une équation aussi complexe que sensible.

À trois mois de l’échéance, la question n’est plus seulement celle de savoir qui occupera quels postes. Elle est aussi celle de la capacité de l’assemblée à dépasser les rivalités internes pour assurer, jusqu’au dernier jour du mandat, la continuité et l’efficacité du service public. Car dans cette bataille de la dernière heure, le véritable enjeu devrait rester la gestion de la ville et les intérêts des Oranais.