Habib Benaouda 

À quelques mois des prochaines échéances locales, la mouhafadha du Front de libération nationale (FLN) à Oran est confrontée à une situation interne qui suscite de nombreuses interrogations. Alors que l’heure devrait être à la remobilisation des structures, au resserrement des rangs et à la préparation du prochain rendez-vous électoral, le parti serait, selon plusieurs militants, toujours aux prises avec des dissensions autour des postes de responsabilité et des rapports d’influence. En toile de fond, des critiques visant ce qui est présenté comme l’intervention croissante de certains acteurs davantage soucieux de leurs intérêts que de la cohésion de l’organisation.

Le malaise ne se limiterait pas aux querelles de personnes. Plusieurs structures de la mouhafadha seraient affectées par une forme d’inertie organisationnelle, avec pour conséquence un affaiblissement du contact avec la base militante et une préparation jugée insuffisante des prochaines échéances. Une situation particulièrement sensible à l’approche de l’ouverture du dossier des candidatures aux locales, la confection des listes constituant traditionnellement l’un des principaux foyers de tensions au sein des formations politiques.

Dans ce contexte, la question de la légitimité des structures revient avec insistance dans les discussions internes. Des militants rappellent notamment l’assemblée générale tenue le 13 décembre 2025, à l’issue de laquelle avait été constitué le bureau de la mouhafadha. Pour eux, le respect des décisions issues de cette instance et la préservation des prérogatives des structures élues constituent une condition essentielle pour sortir de l’impasse. Le contournement des cadres organisationnels, préviennent-ils, ne ferait qu’ouvrir de nouveaux fronts de confrontation.

À cette crise s’ajoutent déjà les premiers calculs autour des prochaines listes électorales. L’enjeu est de taille : faire de la sélection des candidats un véritable processus de mobilisation des compétences et des militants bénéficiant d’un ancrage local, plutôt qu’un terrain de compétition pour l’accès aux positions. Car si les logiques d’influence et d’intérêts particuliers venaient à prendre le pas sur la compétence, la représentativité et l’implantation populaire, le premier perdant pourrait être le FLN lui-même.

Les résultats des dernières législatives à Oran alimentent également les interrogations. Avec seulement deux sièges obtenus, le parti avait déjà été confronté à la question de son poids électoral. Certains observateurs attribuent une part importante de ce résultat aux efforts individuels des candidats, sur fond de présence organisationnelle collective jugée insuffisante. L’enjeu des prochaines locales sera donc aussi celui de la capacité du parti à produire une dynamique collective durable.

Dans ce climat, des militants sollicitent l’intervention du secrétaire général, Abdelkrim Benmabarek, afin de contenir les tensions, de rétablir la discipline et de remettre les structures au cœur du processus décisionnel. À leurs yeux, il ne s’agit pas de trancher en faveur d’un camp, mais de rétablir les règles du jeu interne et de renouer le dialogue.

À Oran, la bataille électorale pourrait ainsi se jouer bien avant l’ouverture des bureaux de vote. Si les querelles de postes devaient se prolonger jusque dans la confection des listes, elles risqueraient de gagner la base militante et de fragiliser davantage le parti à la veille d’un scrutin qui constituera un véritable test de sa cohésion et de sa capacité de mobilisation.