L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde contre le risque de propagation du poliovirus dérivé d’une souche vaccinale au Yémen et dans la Corne de l’Afrique, dans un contexte marqué notamment par la dégradation des conditions humanitaires et sécuritaires qui entravent l’accès aux vaccins pour des millions d’enfants.

Selon le dernier rapport du Comité d’urgence de l’OMS, plus de 4,5 millions d’enfants de moins de 5 ans au Yémen ne bénéficient pas d’une couverture adéquate par le vaccin antipoliomyélitique oral, notamment dans les gouvernorats du nord, en raison des difficultés d’accès et des restrictions sécuritaires.

Cette situation accroît les risques de propagation du poliovirus dérivé d’une souche vaccinale de type 2, alors que l’OMS classe le Yémen parmi les zones à haut risque de transmission internationale du virus, notamment en direction de la Corne de l’Afrique.

Les difficultés ne concernent pas uniquement les campagnes de vaccination. Le transport des échantillons provenant de cas de paralysie flasque aiguë au Yémen se heurte également à des contraintes logistiques qui empêchent leur acheminement aérien dans les délais requis vers les laboratoires pour les analyses et évaluations nécessaires, compliquant davantage la riposte sanitaire et la surveillance du virus.

Face à cette situation, l’OMS a appelé à « lever les obstacles sécuritaires qui entravent l’action des équipes de vaccination et à garantir leur accès aux enfants », considérant l’élargissement de la couverture vaccinale comme « le principal moyen de contenir la propagation du virus et de protéger les populations les plus vulnérables ».

Cette mise en garde intervient alors que le Yémen fait face à une crise humanitaire prolongée qui a fragilisé les services essentiels et imposé de nouvelles contraintes à la capacité du secteur de la santé à atteindre les enfants.