
Wassila. B
Alors que les feux ravagent des wilayas de l’est et du centre du pays, l’Algérie offre au monde un visage qui n’a rien à envier aux grandes démocraties : celui d’une nation debout, unie, où chaque citoyen devient acteur de la résilience nationale. Loin des discours, ce sont des convois de vivres, des couvertures, des bouteilles d’eau et des médicaments qui sillonnent les routes pour porter secours aux sinistrés. Les citoyens ainsi que les associations nationales et locales de toutes les wilayas s’emploient à collecter des aides destinées aux familles sinistrées. Cette mobilisation spontanée, partie des mosquées, des associations locales et des simples foyers, témoigne d’une vertu trop souvent oubliée : la fraternité en actes. En ces heures douloureuses, c’est toute une société qui se reconnaît dans la souffrance de ses voisins, comme si chaque flamme consumant une forêt ou une maison ravivait le souvenir des épreuves communes.
L’État, dans ce drame, a su répondre avec une efficacité qui mérite d’être soulignée. Dès les premières heures, les secteurs ministériels (Solidarité nationale, Jeunesse) ont activé leurs rouages, déployant des cellules de proximité sur le terrain pour évaluer les besoins, orienter les familles et distribuer l’aide en urgence. Les instructions données aux services locaux, la mise en place de points de collecte, l’hébergement dans les établissements publics : tout a concouru à ce que la réponse ne soit ni chaotique ni tardive. Cette coordination entre l’État et la société civile, matérialisée par l’action du Croissant-Rouge algérien et de ses ambulances, prouve que la gouvernance de crise peut conjuguer réactivité administrative et élan populaire.
Mais au-delà du matériel, c’est une prise en charge humaine et intime qui se met en place. Les équipes psychologiques et sociales, déployées auprès des enfants, des femmes et des personnes âgées, rappellent que les incendies ne brûlent pas que les arbres : ils dévastent des vies, des souvenirs, des repères. Recenser les cas fragiles, offrir une écoute, orienter vers un suivi spécialisé, ce n’est pas du superflu – c’est la marque d’une société qui ne laisse personne seul face à l’effondrement. Cette attention portée aux plus vulnérables, dans le tumulte des flammes, est peut-être le plus beau témoignage de notre humanité collective.
Cet élan ne doit pas s’éteindre avec les derniers foyers. Les valeurs de générosité, d’entraide et de responsabilité partagée qui ont surgi sous la cendre doivent nourrir une réflexion plus large : sur la prévention, sur la protection de nos forêts, sur la résilience de nos territoires face aux dérèglements climatiques. Mais pour l’heure, retenons cette image forte : des Algériens de tous horizons, main dans la main, répondant à l’appel du devoir fraternel. Car c’est dans ces moments que se forge l’âme d’une nation, une nation qui, sous la fumée, a su garder le cap de la dignité et de la solidarité.

