L’occupation sioniste a détruit ou endommagé plus de 70 % du patrimoine culturel de la bande de Ghaza, alerte une ONG palestinienne, affirmant que cette « dévastation culturelle » affaiblit les liens de la société palestinienne avec son passé et, par conséquent, sa capacité à se relever. Un nouveau rapport du centre Al Mezan pour les droits humains souligne que moins d’un tiers des sites historiques et culturels de Ghaza est encore intact, après bientôt trois ans de guerre génocidaire menée par l’occupant sioniste.
Plus de 70 % des sites historiques et culturels sont concernés par ces destructions. Parmi eux, la moitié ont été entièrement détruites, 30 % gravement endommagés et 15 % légèrement endommagés. 72% des sites concernés se situaient dans la ville de Ghaza, qui abritait une forte concentration de sites archéologiques classés.
Il s’agit notamment de lieux de culte, de cimetières, de demeures historiques, de marchés traditionnels, de sites archéologiques, de musées, de bibliothèques et d’établissements d’enseignement historique. Ce sont au total 226 sites recensés par Al Mezan qui ont été détruits, totalement ou partiellement, entre le 7 octobre 2023 et le 31 décembre 2025. Un bilan qui pourrait être bien plus grave, avertit l’organisation, qui souligne ne pas avoir pu à 63 sites historiques disponibles exposés situés par-delà la « ligne jaune », dans la zone exercée sous contrôle militaire sioniste depuis octobre 2025. bombardements et des explosions de grande ampleur dans la zone jaune, l’étendue des dégâts causés aux sites y est probablement encore plus importante à l’heure actuelle », précise Al Mezan.
Dans le rapport de 37 pages publié récemment, l’ONG dénonce des destructions systémiques qui ne relèvent pas de dommages collatéraux, mais bien d’une volonté sioniste de porter un préjudice durable au peuple palestinien dans ce qui en constitue l’essence même, sa singularité et sa capacité de se raconter.
Les conclusions du rapport, qui s’appuient sur des données recensées auprès d’institutions locales et vérifiées au cours de visites indépendantes et d’entretiens, sont sans appel. Elles soulignent un schéma bien précis d’attaques sionistes ciblant les sites historiques. Dans un premier temps, les forces sionistes ont « bombardé les bâtiments environnants, causant des dégâts plus ou moins importants aux sites patrimoniaux situés à proximité. Cette étape a été suivie par le ciblage délibéré et direct de sites archéologiques et historiques emblématiques. Ghaza », affirme l’ONG.
Outre ces destructions volontaires et disproportionnées, Al Mezan souligne le pillage systématique de ces sites, signalant de nombreux objets volés parmi lesquels des horloges, des pierres précieuses, des morceaux de marbre, des statues, des pierres sculptées, des colonnes antiques et d’autres éléments architecturaux. Les sites concernés se retrouvent dans des zones entièrement contrôlées par les forces sionistes au moment des vols, précise le rapport.
Si le centre Al Mezan a choisi de se concentrer sur les destructions provoquées aux bâtiments et sites culturels, c’est que ces derniers comportent une composante fondamentale de l’identité et de la mémoire collective. « Il s’agit d’une méthode génocidaire qui contribue à l’effacement d’un peuple. L’impact d’une telle attaque sur le patrimoine est multiple et profond », souligne l’ONG.




