Habib Benaouda
Le Front de libération nationale (FLN) à Oran s’apprête à ouvrir une nouvelle séquence, à la fois organisationnelle et électorale. La décision, en cours de confirmation, de désigner Badr Eddine Dinar à la tête de la mouhafadha, en remplacement de Cheikh Bouchikhi, intervient dans un contexte particulièrement sensible, quelques mois seulement après les législatives de juillet et à l’approche des prochaines élections locales.
Ce changement de direction ne saurait être réduit à un simple mouvement interne. Il intervient alors que le parti doit tirer les enseignements d’un scrutin législatif qui n’a pas répondu à ses ambitions. Avec seulement deux sièges obtenus à Oran, le FLN est désormais confronté à la nécessité de revoir son organisation et, surtout, de reconquérir un terrain local où l’implantation militante et les réseaux d’élus pèseront lourd dans la prochaine bataille électorale.
La désignation de Badr Eddine Dinar, si elle est officiellement entérinée, devrait ainsi ouvrir une période de réajustements au sein de la mouhafadha. D’autant que Cheikh Bouchikhi avait été porté à sa tête par l’assemblée générale élective du 13 décembre 2025. Son remplacement, à ce stade du calendrier, pourrait donc susciter des interrogations, voire un certain malaise parmi une partie des militants.
Les listes électorales, premier test
Au-delà de la question de la direction, c’est la recomposition des équilibres internes qui risque de cristalliser les tensions. Les prochaines locales imposeront rapidement de trancher des dossiers particulièrement sensibles : choix des candidats, classement sur les listes, répartition des responsabilités et représentation des différentes communes.
Dans ce contexte, toute rivalité entre sensibilités ou personnalités pourrait rapidement dépasser le cadre des instances partisanes et se répercuter sur le terrain. À l’inverse, une transition maîtrisée pourrait permettre à la nouvelle direction de rétablir le dialogue avec les différentes composantes du parti et de remobiliser une base militante éprouvée par les dernières échéances.
Le véritable défi pour le nouveau responsable de la mouhafadha sera donc de réussir à rassembler avant de sélectionner. Car une bataille interne autour des investitures risquerait d’affaiblir la mobilisation du parti au moment même où celui-ci cherche à retrouver son poids politique dans les communes de la wilaya.
Après le bilan mitigé des législatives, les locales pourraient ainsi constituer pour le FLN d’Oran bien plus qu’un nouveau rendez-vous électoral : un test grandeur nature de sa capacité à surmonter ses divergences, à renouveler son ancrage territorial et à parler d’une seule voix.
Le changement à la tête de la mouhafadha ouvre donc une nouvelle page. Reste à savoir si celle-ci sera celle de la relance ou celle d’une nouvelle bataille des clans.




