Wassila. B                  

Les autorités nigériennes ont officiellement mis en cause la France dans une opération visant à déstabiliser le pays, affirmant détenir des preuves substantielles de ce qu’elles qualifient d’« agression ». Niamey annonce son intention de saisir la justice internationale.

Cette mise en cause intervient à l’issue d’un Conseil des ministres extraordinaire, présidé par le chef de l’État, le général Abdourahamane Tiani. L’exécutif y a examiné les événements survenus dans la nuit du 28 au 29 août, lorsqu’une unité du Bataillon spécial de renseignement (relevant du Commandement des opérations spéciales) a orchestré un mouvement jugé subversif, en particulier sur la base 101 de Niamey.

Dans un communiqué officiel, le gouvernement affirme que cette action, aux « ramifications internationales », implique directement la France. Il précise : « Le Niger ne fait la guerre à personne et n’en nourrit pas l’ambition. Une documentation complète a été rassemblée sur cette agression, et nous nous réservons le droit de porter plainte devant les juridictions internationales. »

Les autorités dénoncent plus avant un « vaste réseau de complicités » dont la tête serait, selon elles, « le régime français de M. Macron ». Les éléments impliqués, décrits comme « félons et renégats », auraient été chargés de réaliser « le dessein inachevé de Macron et de ses acolytes » sur le sol nigérien.

Cette tentative s’inscrirait, toujours d’après le gouvernement, dans une série d’initiatives visant à contrer la « volonté résolue » du peuple nigérien d’accéder à une souveraineté pleine et entière, notamment sur ses ressources naturelles.

Par ailleurs, le texte met en cause certains « frères africains » qui serviraient de relais aux actions déstabilisatrices des partisans français, faisant implicitement référence à des pays voisins accusés de complicité.

En dépit de ces manœuvres, les autorités nigériennes se veulent rassurantes : « Ces tentatives de sape échoueront systématiquement, grâce à la détermination des forces de défense et de sécurité et à l’unité du peuple nigérien. » Le Conseil des ministres a salué la mobilisation patriotique, en particulier celle de la Garde présidentielle, présentée comme fer de lance de la résistance.

Sur le plan diplomatique, Niamey a adressé ses remerciements aux pays amis, notamment les membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) et l’Algérie, pour leur soutien dès les premiers instants de la crise.

Face à cette grave tentative de déstabilisation caractérisée, le peuple nigérien, dans son immense majorité, ne s’y trompe pas : il reconnaît dans cette manœuvre la marque d’une puissance qui ne supporte pas de voir un pays africain lui échapper et reconquérir sa dignité. En osant défier les volontés de l’ancienne métropole en assumant la pleine maîtrise de ses ressources naturelles et de son destin, le Niger est devenu une cible. Mais cette tentative de déstabilisation, aussi perfide soit-elle, ne fait que renforcer la détermination des Nigériens à défendre leur souveraineté chèrement acquise. Le gouvernement de transition, loin d’être déstabilisé, sort au contraire grandi de cette épreuve, en ayant su déjouer les calculs d’un État étranger qui n’a pas renoncé à ses prétentions néocoloniales. En rassemblant des preuves solides et en affichant sa volonté de recourir à la justice internationale, Niamey adresse un message clair : le temps de l’impunité et des ingérences est révolu. Le soutien massif des forces sociales, des patriotes et des pays frères de l’AES démontre que cette lutte n’est pas isolée mais qu’elle incarne un sursaut continental contre toute forme de domination extérieure. La France, en persistant dans cette voie, ne fait que s’enfoncer dans une impasse diplomatique et morale, tandis que le Niger, debout et uni, trace résolument sa route vers une indépendance réelle et irréversible.