S Hadjar
L’économie bleue entend désormais dépasser la seule logique d’exploitation des ressources marines pour s’inscrire dans une dynamique fondée sur la connaissance, l’innovation et la création de valeur. À Oran, cette orientation commence à se traduire par une réflexion autour du rôle que peuvent jouer les établissements de formation spécialisés dans l’accompagnement des mutations du secteur de la pêche et de l’aquaculture.
C’est dans ce cadre que l’Institut technologique de la pêche et de l’aquaculture d’Oran a accueilli, avant-hier, l’expert algérien Mourad Berghoul, spécialiste de l’entrepreneuriat, de la recherche et de l’innovation. La rencontre, à laquelle ont pris part plusieurs cadres de l’établissement, a été consacrée à l’examen des potentialités de l’institut et aux moyens de mieux les valoriser au profit du secteur.
L’enjeu est de faire de cet établissement davantage qu’un espace dédié à la formation. Ses infrastructures, ses équipements et surtout ses compétences constituent autant de ressources susceptibles d’être mobilisées pour accompagner les professionnels, les jeunes et les porteurs de projets dans l’émergence de nouvelles activités liées à l’économie maritime.
La démarche intervient alors que la pêche et l’aquaculture sont appelées à répondre à des exigences de plus en plus importantes en matière de productivité, de qualité, de valorisation des produits et de préservation des ressources. Dans ce contexte, l’adaptation de la formation aux besoins réels du terrain apparaît comme un passage obligé. Il s’agit notamment de renforcer les compétences techniques, d’encourager la recherche appliquée et d’intégrer davantage les solutions technologiques et innovantes dans les métiers de la mer.
La valorisation des potentialités de l’institut ne saurait, toutefois, se limiter à ses moyens matériels. Elle concerne également le capital humain, les savoir-faire accumulés et la capacité à transformer les connaissances acquises en initiatives économiques concrètes. L’objectif est ainsi de favoriser l’émergence de projets dans des créneaux encore insuffisamment exploités, allant de la valorisation et de la transformation des produits halieutiques aux services maritimes et aux technologies dédiées à une exploitation plus rationnelle des ressources.
Dans cette perspective, une meilleure articulation avec la Chambre de la pêche et de l’aquaculture d’Oran et l’ensemble des acteurs du secteur pourrait contribuer à rapprocher davantage la formation des réalités professionnelles et des besoins du marché.
Pour une wilaya disposant d’une importante façade maritime, cette orientation ouvre des perspectives en matière d’investissement, d’emploi et de diversification économique. Mais elle pose également une exigence centrale : concilier création de valeur et préservation du patrimoine marin. C’est précisément sur ce fragile équilibre que repose l’ambition de l’économie bleue, appelée à faire de la mer non seulement une source de ressources, mais aussi un espace d’innovation, de compétences et de développement durable.




