Habib Benaouda 

Plus de 94 000 demandes de logement public locatif (LPL) sont actuellement recensées au niveau de la commune d’Oran. Face à l’ampleur de la demande et à la faiblesse des quotas disponibles, les services de la daïra d’Oran poursuivent un vaste travail d’examen et d’assainissement des dossiers, dans l’objectif d’identifier les véritables ayants droit et d’écarter les demandes ne répondant pas aux critères réglementaires.

L’enjeu est de taille pour un dossier social particulièrement sensible. La sélection des bénéficiaires repose sur un système de notation qui permet de hiérarchiser les demandes selon plusieurs critères liés à la situation sociale et matérielle des ménages. Les conditions de logement, le niveau de revenu, la situation familiale, le nombre de personnes composant le ménage ainsi que l’ancienneté de la demande sont notamment pris en compte dans le calcul des points.

Avant cette étape, les dossiers remplissant les conditions requises font l’objet d’enquêtes de terrain. Des commissions spécialisées se déplacent au domicile des demandeurs pour vérifier la réalité de leur situation familiale et sociale et confronter les déclarations fournies aux conditions effectivement constatées. Les résultats de ces investigations sont consignés dans des rapports détaillés qui servent ensuite à l’évaluation et au classement des dossiers.

La procédure de notation s’effectue, par ailleurs, au moyen d’un système électronique sécurisé et crypté. Le dispositif est conçu de manière à préserver l’anonymat du demandeur durant le calcul des points, limitant ainsi les possibilités d’intervention ou de favoritisme dans le classement.

L’opération d’assainissement ne s’arrête pas à une première enquête. Dans plusieurs cas, les commissions procèdent à une seconde visite, notamment lorsque les demandeurs n’ont pas pu être retrouvés lors du premier passage. Certains dossiers écartés font également l’objet de convocations afin de permettre à leurs titulaires de présenter les éclaircissements et justificatifs nécessaires. L’absence de réponse peut conduire à l’exclusion définitive.

Ces vérifications ont déjà permis d’écarter des centaines de dossiers de personnes ne remplissant pas les conditions d’accès au logement social, notamment pour possession d’un logement ou d’un bien immobilier, dépassement du plafond de revenu autorisé ou bénéfice antérieur d’un programme de logement.

Face à plus de 94 000 demandes, les derniers quotas attribués restent toutefois très en deçà des besoins : 1 800 logements à Sidi El Bachir et, précédemment, 2 000 unités au pôle urbain de Oued Tlélat. Un écart qui traduit toute l’ampleur de la pression sur le logement social à Oran et maintient des milliers de familles dans l’attente de nouvelles attributions.