Habib Benaouda
Le secteur de la santé à Oran poursuit son renforcement par l’introduction de technologies médicales de pointe et la modernisation de plusieurs infrastructures hospitalières. Ces nouvelles capacités, particulièrement dans les domaines de la chirurgie, du diagnostic et de l’oncologie, doivent permettre d’améliorer la prise en charge des patients et de limiter le recours aux transferts à l’étranger pour certaines pathologies complexes.
Parmi les principales acquisitions figure le système de chirurgie robotique installé à l’établissement hospitalier du 1er Novembre. Cette technologie apporte un niveau supplémentaire de précision dans les interventions complexes, grâce à une meilleure visualisation du champ opératoire et à un contrôle plus fin des mouvements.
Le dispositif reste entièrement piloté par le chirurgien, qui conserve la maîtrise de l’intervention et des décisions médicales. Le robot agit comme un outil d’assistance permettant d’affiner les gestes et d’améliorer les conditions de réalisation de certaines opérations nécessitant une grande précision.
Le diagnostic devrait également bénéficier prochainement d’un nouvel appareil d’imagerie par résonance magnétique (IRM). Ce renforcement permettra notamment d’améliorer la détection et l’évaluation de plusieurs pathologies, dont les cancers, en facilitant la localisation des lésions et l’appréciation de leur extension. Des éléments essentiels pour orienter le choix du traitement et réduire les délais de prise en charge.
Dans le domaine de l’oncologie, l’établissement hospitalier spécialisé Emir Abdelkader d’El Hassi a, pour sa part, été doté de nouveaux accélérateurs de radiothérapie. Ces équipements devraient accroître les capacités de traitement et contribuer à réduire la pression sur les services spécialisés, ainsi que les délais d’attente pour les patients nécessitant ce type de soins.
Une carte sanitaire en pleine consolidation
Le renforcement des équipements s’accompagne d’une évolution de la carte sanitaire de la wilaya. Plusieurs infrastructures hospitalières ont été mises en service ces dernières années, à l’image de l’hôpital des brûlés, doté de 120 lits et disposant de services spécialisés en anesthésie-réanimation, chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, ainsi que dans la prise en charge des brûlures chez l’adulte et l’enfant.
L’établissement hospitalier d’El Nedjma, à Sidi Chahmi, d’une capacité de 220 lits, ainsi que les structures de Gdyel et de Oued Tlélat, viennent également renforcer l’offre hospitalière. Plusieurs polycliniques et centres de santé de proximité sont, par ailleurs, en cours de réalisation.
La santé de l’enfant bénéficie elle aussi de cette dynamique avec la réhabilitation et la modernisation de l’établissement hospitalier spécialisé en pédiatrie et chirurgie infantile, destiné à améliorer les conditions de prise en charge des jeunes patients.
Cette évolution intervient alors que le Centre hospitalo-universitaire d’Oran fait face à la nécessité de réorganiser une partie de son activité en raison de l’état de certains bâtiments, fortement affectés par leur ancienneté. Plusieurs services ont ainsi été transférés vers l’établissement hospitalier d’El Nedjma, notamment ceux des maladies infectieuses, de gastro-entérologie, de biologie et de néphrologie, ainsi que plusieurs services chirurgicaux.
Ces transferts concernent près de 30 % de l’activité du CHU et s’effectuent avec les équipes médicales et chirurgicales concernées afin d’assurer la continuité des soins.
Vers une reconstruction du CHU
Au-delà de cette réorganisation, un projet de rénovation et de reconstruction de plusieurs structures du CHU a été soumis au ministère de la Santé. Le coût proposé est estimé à environ 3 500 milliards de centimes. L’opération pourrait être réalisée par étapes afin de préserver l’activité hospitalière pendant les travaux.
Le projet prévoit également une nouvelle organisation du CHU autour de pôles médicaux et chirurgicaux spécialisés, ainsi qu’un pôle consacré à la mère et à l’enfant. Sa réalisation revêt un intérêt particulier pour Oran et les wilayas de l’Ouest, compte tenu du rôle régional joué par cet établissement dans la prise en charge des patients.
Le développement du secteur repose toutefois autant sur les ressources humaines que sur les équipements. La formation et la qualification des personnels médicaux et paramédicaux demeurent indispensables pour assurer une utilisation optimale des nouvelles technologies.
À travers ce renforcement progressif, Oran consolide ainsi ses capacités de diagnostic, de chirurgie et de traitement spécialisé, avec l’ambition de prendre en charge localement un nombre croissant de pathologies complexes et de conforter son statut de pôle sanitaire majeur de l’Ouest algérien.




