Habib Benaouda
Le dossier des « fûts d’huiles » revient au premier plan au port d’Oran. Une commission ministérielle d’inspection et d’enquête a investi, ces derniers jours, l’enceinte portuaire pour examiner les circonstances ayant entouré la suspension de l’ancien directeur chargé de la logistique et, surtout, vérifier les faits et éléments ayant motivé cette décision.
La mission intervient à la suite du recours introduit par l’ancien responsable, qui conteste la mesure prise à son encontre et réclame des éclaircissements sur ses fondements. La commission devra ainsi reconstituer le fil des événements, confronter les différentes versions et déterminer, sur la base des documents disponibles, la réalité des faits reprochés.
Les investigations ont débuté par l’audition des responsables, cadres et employés directement concernés par le dossier. Les membres de la commission procèdent parallèlement à l’examen des registres, correspondances et pièces administratives susceptibles d’apporter des éléments sur les circonstances ayant précédé la suspension.
Des stocks passés au crible
Au cœur de cette mission figure notamment le dossier des « fûts d’huiles », considéré comme l’un des éléments liés à la décision de suspension. La commission s’attelle à vérifier les conditions de réception, de stockage, de suivi et d’utilisation de ces produits, ainsi que les modalités d’enregistrement des quantités réceptionnées et consommées.
Le dossier avait déjà fait parler de lui après sa médiatisation par Cap Dz, qui avait consacré un article aux conditions de réception et de consommation de ces produits. Plusieurs interrogations avaient alors été soulevées autour des quantités comptabilisées, de leur destination et du suivi des stocks.
Ces différents éléments font désormais l’objet d’un examen approfondi. Factures, procès-verbaux de réception, documents administratifs, registres de stocks et états de consommation sont notamment confrontés afin de retracer le parcours des produits, de leur réception jusqu’à leur utilisation. L’objectif est également de vérifier la conformité des opérations avec les procédures en vigueur.
Les responsabilités encore en suspens
Au-delà de la seule gestion des huiles, la commission cherche à établir avec précision le lien éventuel entre ce dossier et la décision de suspension de l’ancien directeur chargé de la logistique. Il s’agit notamment de déterminer si les faits actuellement examinés correspondent effectivement aux griefs ayant fondé la mesure administrative.
L’audition des différentes parties et le rapprochement des déclarations avec les documents disponibles devraient permettre à la commission de disposer d’une vision plus complète du dossier. Une étape d’autant plus importante que l’ancien responsable a officiellement contesté sa suspension.
À ce stade, aucune conclusion définitive ne peut toutefois être tirée. Les éléments examinés demeurent soumis au processus de vérification engagé par la commission ministérielle. Le rapport final devra notamment établir la réalité des faits, identifier d’éventuelles irrégularités et préciser, le cas échéant, leur rapport avec la décision de suspension.
En attendant les conclusions officielles, la prudence reste donc de mise : les informations ayant circulé autour du dossier des « fûts d’huiles » et de la suspension de l’ancien responsable ne sauraient, en l’état, constituer une preuve de responsabilité à l’encontre d’une quelconque partie.




