Habib Benaouda
La prochaine assemblée populaire communale d’Oran héritera d’une situation financière particulièrement contraignante. Le volume des dettes et engagements financiers accumulés au terme du mandat actuel aurait dépassé les 500 milliards de centimes. Un montant qui, s’il est confirmé par les documents financiers officiels, risque de réduire sensiblement la marge de manœuvre de la future assemblée et de peser sur ses capacités à engager de nouvelles opérations.
Derrière ce chiffre, la situation est plus complexe qu’un simple cumul de factures impayées. Les engagements peuvent concerner des dettes envers des établissements et des opérateurs économiques, des prestations de services, des travaux ou encore des marchés publics, auxquels s’ajoutent des obligations financières susceptibles de se répercuter sur les prochains exercices budgétaires.
La photographie exacte des finances communales devra, à ce titre, être établie à partir du compte administratif, du compte de gestion et des pièces comptables justifiant les différents engagements. Un état des lieux précis devra notamment permettre de distinguer les dettes certaines des montants faisant encore l’objet d’un litige ou d’une régularisation.
Une marge de manœuvre réduite
L’accumulation des créances risque de peser directement sur les crédits disponibles et de limiter la capacité de la commune à programmer de nouveaux projets, notamment en matière d’équipement, d’investissement et d’entretien du patrimoine public.
La prochaine assemblée devra ainsi trouver un équilibre entre le règlement des engagements hérités et la prise en charge des besoins de la population. La progression des dépenses obligatoires face aux recettes ordinaires pourrait davantage restreindre ses possibilités d’action.
Dans ce contexte, les premières années du prochain mandat pourraient être consacrées à la réorganisation des priorités financières, à l’amélioration du recouvrement et à la rationalisation des dépenses. Une programmation réaliste du règlement des créances devra également être mise en place, sans compromettre le fonctionnement normal des services publics.
Le traitement de cette situation passe enfin par un renforcement du contrôle interne et du suivi budgétaire, avec une programmation pluriannuelle adaptée aux recettes disponibles et aux capacités réelles de financement.
Si le seuil des 500 milliards de centimes est confirmé par les documents officiels, il constituera ainsi un indicateur majeur de la situation financière de la commune. Pour la prochaine assemblée, l’enjeu sera de clarifier ce passif, d’en hiérarchiser les engagements et d’éviter que les déséquilibres financiers ne se prolongent d’un mandat à l’autre.




