Toufik K 

À Oran, le président de l’Organisation des producteurs de pétrole africains met en avant le savoir-faire algérien dans les hydrocarbures et son rôle dans la formation des compétences africaines

L’expertise accumulée par l’Algérie dans le secteur des hydrocarbures pourrait constituer l’un des leviers de la coopération énergétique à l’échelle du continent. C’est le constat mis en avant, hier à Oran, par Farid Ghezali, président de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), en marge de la 14e édition du NAPEC.

Pour le responsable de l’organisation panafricaine, l’expérience algérienne ne se limite pas à la production et à la valorisation des ressources énergétiques. Elle englobe également la maîtrise des différentes étapes de la chaîne de valeur, ainsi qu’un savoir-faire reconnu dans la formation des cadres et des techniciens spécialisés.

Cette dimension prend une importance particulière dans le contexte actuel, marqué par la volonté de plusieurs pays africains de développer leurs capacités énergétiques et de renforcer leurs ressources humaines. « L’Algérie occupe une place très importante dans ce projet, grâce à son expertise et sa longue expérience dans le domaine de la formation », a relevé Farid Ghezali.

Un savoir-faire qui dépasse les frontières

Le président de l’APPO rappelle notamment le rôle historique joué par l’Algérie dans le développement de l’industrie gazière et l’expérience acquise au fil des décennies dans les différents métiers des hydrocarbures. Une expertise qui constitue, selon lui, un acquis pouvant être davantage partagé avec les autres pays du continent.

Cette coopération trouve déjà une traduction concrète dans le projet de mise en place d’un catalogue africain de formation aux métiers des hydrocarbures. L’initiative vise à réunir, sur une même plateforme numérique, les instituts africains spécialisés dans la formation et à proposer une offre commune couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur.

Exploration, géophysique, exploitation, transport ou encore transport maritime : le dispositif doit permettre de rapprocher les structures de formation existantes et de faciliter la circulation des compétences entre les pays africains.

La place accordée à l’Algérie dans ce projet n’est pas anodine. Le groupe de travail de l’APPO chargé de son élaboration est présidé par un expert algérien. Pour Farid Ghezali, cette responsabilité traduit la reconnaissance de l’expérience acquise par l’Algérie dans le domaine de la formation aux métiers énergétiques.

Former pour mieux intégrer

Au-delà de la constitution d’un catalogue de formations, l’enjeu est aussi celui du partage des compétences. Pour le président de l’APPO, le développement du secteur énergétique africain passe désormais par une intensification des échanges d’expertise et par une meilleure valorisation des capacités disponibles au sein du continent.

Cette démarche suppose, selon lui, de dépasser les cadres strictement nationaux pour inscrire les politiques énergétiques dans une perspective régionale et continentale. La réalisation de projets communs et le développement des interconnexions énergétiques constituent, dans cette optique, des axes majeurs de cette intégration.

L’Algérie dispose, dans ce domaine également, d’une expérience susceptible d’être mobilisée. Son implication dans des projets énergétiques à dimension régionale, à l’image du gazoduc transsaharien, illustre cette volonté de contribuer au développement des infrastructures reliant les différents espaces énergétiques du continent.

À travers la formation, le transfert de savoir-faire et la réalisation de projets structurants, c’est donc une nouvelle dimension de la coopération énergétique africaine qui se dessine. Et dans cette dynamique, l’Algérie entend faire valoir non seulement ses ressources, mais aussi son capital de compétences et plusieurs décennies d’expérience dans les métiers des hydrocarbures.