
Wassila. B
Alors que le Conseil de sécurité s’apprête à examiner, le 31 octobre 2026, une nouvelle résolution sur le Sahara occidental, l’Algérie vient de rappeler avec fermeté une vérité que d’aucuns voudraient ensevelir sous des considérations humanitaires : la question sahraouie n’est pas d’abord une crise de réfugiés, elle est fondamentalement une question de décolonisation. En réduire l’essence à un problème humanitaire, c’est nier l’histoire, travestir le droit international et préparer le terrain à une solution imposée qui ferait fi de la souveraineté populaire. Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a eu raison de dénoncer cette tentative de détournement : les réfugiés sahraouis ne sont pas des victimes sans voix à assister, ils sont les dépositaires légitimes d’une cause juste et les défenseurs d’un droit originel à l’autodétermination.
Ce droit, nul ne peut le contourner sans ébranler l’édifice même des Nations unies. Voilà la doctrine onusienne en matière de décolonisation: lorsqu’un territoire est inscrit sur la liste des territoires non autonomes, sa population a le droit inaliénable de choisir librement son statut politique. Vouloir imposer un fait accompli au Sahara occidental, en légitimant un plan d’autonomie sans consultation référendaire, reviendrait à piétiner la légalité internationale et à envoyer un signal désastreux à toutes les peuples en lutte pour leur émancipation. L’autodétermination n’est pas une option que l’on octroie ou que l’on retire selon les rapports de force : c’est un droit fondamental, consacré par la Charte des Nations unies et par des décennies de pratique onusienne.
L’Algérie alerte et propose un objectif. Les quatre exigences qu’elle a posées (mettre fin au conflit, rendre justice au peuple sahraoui, préserver la crédibilité des Nations unies et renforcer la sécurité, la stabilité et l’intégration régionale) constituent une feuille de route réaliste et respectueuse du droit. Une solution qui ignorerait l’autodétermination ne serait pas une solution : elle serait une bombe à retardement, une source de frustration et de radicalisation, un déni de justice qui empoisonnerait durablement les relations dans toute la région. Au contraire, une paix fondée sur la volonté populaire ouvrirait la voie à une intégration maghrébine tant attendue, où chaque peuple pourrait enfin aspirer au bien-être et au développement.
Il est temps que le Conseil de sécurité entende la voix de la raison. La crédibilité des Nations unies se mesure à sa capacité à faire respecter ses propres principes, non à céder aux pressions des puissants. Le peuple du Sahara occidental attend depuis trop longtemps l’exercice de son droit à l’autodétermination. Aucune résolution, aussi habile soit-elle, ne pourra effacer cette légitimité. La communauté internationale doit choisir : consacrer le droit ou consacrer la force. L’histoire jugera ceux qui, par calcul ou par lâcheté, auront sacrifié la justice sur l’autel de la realpolitik. Le Sahara occidental mérite mieux : il mérite un référendum libre, juste et transparent. C’est la seule solution qui soit à la fois juste, durable et digne du nom de paix.

