Habib Benaouda 

À l’heure de boucler leurs listes de candidatures, plusieurs formations politiques à Oran se heurtent à la difficulté de mobiliser les jeunes de moins de 40 ans. Une désaffection qui a contraint les responsables locaux à multiplier les démarches dans les derniers jours précédant le dépôt des dossiers, révélant les limites de leur capacité à renouveler leurs bases militantes et à convaincre la nouvelle génération de s’engager dans la compétition électorale.

La course à la constitution des listes de candidatures aux élections locales a pris, pour plusieurs partis politiques à Oran, des allures de véritable épreuve. Au-delà de la nécessité de réunir le nombre requis de candidats, les responsables locaux ont dû faire face à un obstacle de taille : convaincre les moins de 40 ans de franchir le pas et de s’engager dans la course électorale.

Selon des informations circulant dans les milieux partisans, les derniers jours précédant le dépôt des listes auprès de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) ont été marqués par une intensification des contacts et des démarches. Dirigeants et responsables de bureaux locaux ont multiplié les sollicitations pour rallier de nouveaux profils, certains poursuivant leurs efforts jusqu’aux ultimes heures avant l’échéance.

Cette difficulté ne relève pas uniquement du bouclage des listes. Elle met également en lumière la question de la place accordée à la jeunesse dans les assemblées élues et celle, plus fondamentale, du renouvellement des élites locales. Pour des formations politiques soucieuses de consolider leur implantation et de reconquérir la confiance des électeurs, l’absence relative de candidats jeunes constitue un défi supplémentaire à l’approche du scrutin.

Dans certains milieux politiques, la possibilité de remplacer des candidats démissionnaires ou désistants reste envisagée, dans le respect des procédures réglementaires. Mais cette éventualité ne saurait occulter la difficulté de fond : celle de susciter des vocations et de convaincre une nouvelle génération de s’investir durablement dans la vie politique.

Une confiance à reconquérir

La faible propension des jeunes à briguer un mandat électif interroge sur l’attractivité des partis et leur capacité à répondre aux attentes d’une génération en quête de perspectives concrètes. La défiance à l’égard des pratiques politiques, l’intérêt limité porté aux assemblées locales et les contraintes inhérentes à l’exercice d’un mandat figurent parmi les facteurs susceptibles d’expliquer cette réticence.

À ces considérations s’ajoutent les préoccupations liées à l’emploi, au logement et à la stabilité professionnelle, qui occupent une place centrale dans les priorités de nombreux jeunes. Dans ce contexte, les appels à la participation politique, souvent réitérés à chaque échéance électorale, semblent peiner à se traduire par un engagement effectif sur le terrain.

Pour les partis, le défi dépasse désormais la simple constitution des listes. Il suppose une révision des méthodes de mobilisation, avec davantage de proximité, une ouverture réelle aux compétences universitaires et professionnelles et une implication des jeunes dans l’élaboration des programmes locaux. L’emploi, le logement, le développement et l’amélioration des services publics constituent autant de dossiers sur lesquels leur contribution pourrait trouver une traduction concrète.

Car la présence de jeunes candidats ne saurait se limiter à satisfaire aux exigences de composition des listes. Elle doit aussi leur permettre de prendre part aux décisions, de porter de nouvelles propositions et de contribuer au renouvellement de l’action publique locale.

À Oran, les difficultés rencontrées par plusieurs formations politiques rappellent ainsi que la reconquête de la jeunesse ne peut s’improviser à la veille d’un scrutin. Elle exige un travail de terrain permanent, un discours crédible et des engagements à la hauteur des attentes. Autant de conditions indispensables pour transformer une présence recherchée sur les listes électorales en une véritable participation à la vie politique.