Avec quelque 415 000 adresses recensées, Oran est au cœur du déploiement du référentiel national de l’adressage. La journée d’étude organisée lundi au siège de la wilaya a mis en lumière une nouvelle étape de ce chantier : valoriser les données géolocalisées pour moderniser les services publics, améliorer la gestion territoriale et ouvrir de nouvelles perspectives économiques. Trois ateliers ont été consacrés aux conditions juridiques, économiques et techniques de cette évolution.

Par Meriem B 

Trois ateliers pour accélérer la valorisation des données

La transformation du référentiel national de l’adressage en un outil opérationnel de gestion publique et de développement économique était au centre de la journée d’étude organisée lundi au siège de la wilaya d’Oran.

Réunissant les institutions et les opérateurs concernés, la rencontre a permis d’examiner les conditions d’exploitation des données produites par les communes, autour de trois axes majeurs : le cadre juridique, le modèle économique et les solutions techniques.

L’enjeu dépasse désormais la simple identification des rues, des bâtiments et des accès. 

En dotant les territoires d’adresses officielles normalisées et géolocalisables, le référentiel national de l’adressage vise à mettre à la disposition des administrations et des opérateurs une base commune, susceptible de faciliter les échanges d’informations et d’améliorer la coordination de leurs interventions.

C’est dans cette perspective que s’inscrit la rencontre organisée à Oran, présidée par le wali Brahim Ouchene, avec la participation de la responsable ministérielle chargée de la généralisation du projet, Amel Djouamaa. Les travaux ont porté sur les moyens de passer d’une opération de recensement à une utilisation effective des données dans les activités administratives, économiques et opérationnelles.

Les applications potentielles concernent plusieurs secteurs, notamment les services de sécurité, la Protection civile, les administrations fiscales, Sonelgaz et l’Algérienne des eaux. La disponibilité d’adresses précises et harmonisées peut faciliter la localisation des interventions, le repérage des abonnés et des équipements, ainsi que la gestion des réseaux. Elle peut également contribuer à réduire les erreurs d’identification et à améliorer la circulation des informations entre les différents systèmes sectoriels.

Trois axes pour consolider le dispositif

Les travaux de la journée d’étude ont été structurés autour de trois ateliers destinés à cerner les conditions nécessaires à la pérennité du référentiel et à son exploitation par les différents utilisateurs.

Le premier a été consacré au cadre juridique, réglementaire et normatif. Les échanges ont notamment porté sur l’intégration de l’adresse officielle dans les démarches administratives, son articulation avec le numéro d’identification national et les modalités de partage des données dans le respect des règles de protection des informations personnelles.

Le deuxième atelier a abordé la dimension économique du projet. Les participants ont examiné les mécanismes de financement, les possibilités de valorisation des données et les perspectives de partenariat entre les collectivités locales, les opérateurs économiques et les entreprises innovantes. L’objectif est de favoriser l’émergence de services adaptés aux besoins des territoires, tout en définissant des modalités d’exploitation viables.

Le troisième axe a concerné les aspects techniques et informatiques, notamment la sécurisation des données, leur actualisation régulière et l’interconnexion des systèmes d’information. La fiabilité des informations géographiques, le développement d’interfaces d’échange et le renforcement des compétences des personnels chargés de l’adressage figurent parmi les conditions nécessaires au bon fonctionnement du dispositif.

Ces trois dimensions sont indissociables. La production d’une base d’adresses ne suffit pas à garantir son utilité si les informations ne sont pas actualisées, si les règles de partage restent imprécises ou si les systèmes informatiques ne permettent pas leur exploitation.

La généralisation du référentiel à l’échelle nationale constitue ainsi un chantier qui engage autant les collectivités locales que les administrations sectorielles et les opérateurs économiques. La capacité de ces différents acteurs à s’approprier les données et à les intégrer dans leurs outils de travail sera déterminante pour concrétiser les gains attendus en matière d’efficacité administrative, de coordination et de qualité des services publics.