M. B

À l’heure où les nouvelles technologies redessinent les contours de la médecine esthétique, la question de leur encadrement juridique s’impose avec acuité. La Faculté de droit et des sciences politiques de l’Université Oran 2 Mohamed Ben Ahmed consacre, ce jeudi 15 octobre, un colloque national aux enjeux de la chirurgie esthétique chez la femme à l’ère de l’intelligence artificielle. Une rencontre pluridisciplinaire qui mettra en discussion la liberté individuelle, la protection de l’intégrité corporelle et les exigences de l’ordre public.

Jusqu’où la liberté de disposer de son corps peut-elle s’exercer face aux évolutions de la médecine esthétique ? Comment le droit algérien peut-il appréhender les nouvelles pratiques liées aux avancées technologiques, sans perdre de vue la protection de la personne humaine ? Ces interrogations seront au centre des travaux de cette rencontre scientifique, organisée par la Faculté de droit et des sciences politiques, à travers le Laboratoire de droit social et l’équipe de recherche « Formation professionnelle ».

Intitulé « La chirurgie esthétique pour la femme dans la législation algérienne à l’ère de l’intelligence artificielle : entre liberté de disposition du corps et protection de la société contre les déviances sociales », le colloque entend ouvrir un débat sur les implications juridiques, médicales et éthiques d’un domaine en pleine évolution.

L’intégration de l’intelligence artificielle dans les pratiques médicales, conjuguée aux nouvelles possibilités offertes par les technologies, invite en effet à réexaminer les questions relatives au consentement, à l’intégrité physique et aux limites de l’intervention médicale.

L’intérêt de cette rencontre réside également dans la confrontation des regards et des compétences. Des enseignants-chercheurs, des médecins légistes, des spécialistes en chirurgie plastique, des magistrats, des avocats et des psychologues sont attendus pour apporter leurs éclairages sur les différentes dimensions de cette problématique. 

Des universitaires issus notamment des établissements d’Oran 1 et 2, de Constantine 1, de Tizi Ouzou, de Mostaganem, de Relizane, de Mascara, de Tiaret, de Souk Ahras, d’Aïn Témouchent et de Sidi Bel Abbès prendront part aux échanges.

Au-delà des seules considérations médicales, les débats devraient ainsi interroger la capacité du cadre législatif national à concilier l’autonomie individuelle avec les impératifs de protection de la personne et de la société, dans un contexte marqué par l’évolution rapide des pratiques et des outils technologiques.

La rencontre se tiendra à la bibliothèque des soutenances de l’Université Oran 2, avec une participation également prévue en visioconférence.